Les populations Iraniennes arabophones du Khuzestân refusent d’êtres considérées comme des Iraniens de seconde zone.

-29-30 Mai 2012 Nouvelles parvenues d’Iran via le site de Radio Zamaneh: Treize Iraniens Arabophones Khuzestanis, sont passés en procés le 21 mai 2012 dernier, ils ont étés jugé par la deuxième branche du “tribunal révolutionnaire islamique” d’Ahwaz présidé par le juge Seyyed Bagher Moussavi. C’est le quatrième procès de ces prisonniers, une nouvelle parodie de justice qui a été expédiée en très de temps par ce tribunal, bâclant particulièrement les dossiers des accusés Hadi Rashedi âgé de 38 ans et de Hashem Shaabani âgé de 31 ans.
-Témoignage et interview d’un journaliste Iranien sur l’ostracisme institutionnalisé, qui frappe les minorités arabophones Ahwazis et Khuzestanis, dans la “république islamique”. Une forme larvée d’épuration ethnique qui ne dit pas son nom.
-Quelques mois plus tôt, le site en langue anglaise Press TV.ir une des principales chaîne de la propagande médiatique du régime, avait présenté les aveux télévisés présumés de ces deux accusés, dans un programme appelé “Aujourd’hui l’Iran”. Ou on les avait présentés comme des terroristes.
- J’ai interviewé Kamel Alboshokeh, un militant défenseur des droits humains à Londres, au sujet de ce procès, et évoqué les exigences et les problèmes, que vivent et subissent la communauté arabophone Iranienne dans le Khuzestân.
- Monsieur Alboshokeh, commençons avec le sujet du film qui a été diffusé il ya pas si longtemps sur Press TV.ir, le film qui a montré à M. Rashedi et M. Shaabani confessant des activités terroristes. Quelle est l’histoire de ce film et quelle est votre opinion à ce sujet.
-M Kamel Alboshokeh: Ces personnes qui ont été arrêtées sont tous des personnes résidentes de ville de Ramshir . Elles appartiennent à des couches instruites de la ville, et beaucoup sont des enseignants du secondaire. Ces entretiens ont été enregistrés et diffusés avant le quatrième procès, mais au sujet du procès le film de PressTv.ir a omis de dire que les accusés ont étés soumis au tournage télévisuel de leur “aveux” parce qu’on leur avait promis que moyennant celui ci, ils pourraient échapper à la torture. Hadi Rashedi était malade avant son arrestation et était sous traitement médical. En prison, son bassin et des os de son dos on étés brisé à la suite des tortures qu’il a subies. Hashem Shaabani quand a lui été torturé à l’eau bouillante. Ce n’est pas seulement ces deux accusés qui ont été filmés à la télévision et qui ont fait des aveux suite à des tortures. Deux autres accusés en ont aussi subies Jaber Alboshokeh 27 ans a eu une fracture de la mâchoire et son frère Mokhtar Alboshokesi, 25 ans, souffre de convulsions et d’amnésie a cause de coups qu’il a reçu.
-Et pour les sept autres qui sont en liberté sous caution; qu’avez vous a dire à ce sujet.
-M Kamel Alboshokeh, Les accusations portées contre eux sont d’avoir agi contre la sécurité nationale et d’avoir des liens avec l’étranger. Nous ne savons pas exactement ce que signifient les juges, par “des groupes où des pays étrangers”. Le gouvernement ne présente jamais une preuve formelle pour expliquer ses accusations. Par exemple, mon cousin, 19 ans, Nasser Alboshokeh Derafshan, a été arrêté et torturé l’année dernière et finalement assassiné. Les forces répressives de sécurité, l’ont accusé d’avoir agi contre la sécurité nationale, mais nous ne savons toujours pas ce qu’ils entendent par ces actions contre la sécurité nationale. Vous savez que l’accusation de Moharebeh (ennemis de dieu en inimitié contre Dieu selon la loi iraniene Ndlr) en Iran veut dire la peine de mort. Donc, nous sommes très inquiets au sujet du sort qui est réservé aux autres accusés.
-Quelles étaient les demandes des détenus-Sont-ils alignés sur les exigences d’un groupe ou d’une organisation particulière-Bien sûr, un tel alignement ne devrait pas justifier leurs arrestations. Je demande simplement à voir si nous pouvons trouver une raison à ces procès.
-M Kamel Alboshokeh: Non, ils ne sont pas membres d’un groupe politique en particulier. En effet, personne en Iran ne peut avoir des revendications politiques. Ils ont eus une série d’exigences juridiques et culturelles. Le gouvernement en a fait une charge politique, afin de pouvoir facilement les faire supprimer. Leurs revendications sont des choses comme la reconnaissance de leur langue maternelle, le droit de recevoir un enseignement en langue arabe, de se rassembler pour des récitals de poésie arabe. Depuis qu’Ahmadinejad est arrivé au pouvoir, nous n’avons même pas eu le droit de tenir une nuit de nos récitations traditionnelles de poésie arabe dans la région du Khuzestân. Les activités politiques et les choses qu’on reproche à ces accusés, sont de simples accusations fallacieuses. Mokhtar Alboshokeh était un soldat. Il passait six jours de la semaine dans une caserne militaire des “gardiens de la révolution”. Comment aurait-il pu faire quoi que ce soit contre la sécurité nationale! Comment Mohammad Ali Amouri, qui était détenu dans une prison irakienne et qui a été expulsé vers l’Iran et, plus tard arrêté et incarcéré par les autorités iraniennes. Aurait-il pu faire quoi que ce soit contre la sécurité nationale.
-Pourquoi Mohammad Ali Amouri était-il détenu dans une prison irakienne.
-M Kamel Alboshokeh Pour une entrée illégale en Irak. Un de ses compagnons est mort sous la torture dans une prison irakienne. Il avait simplement demandé l’asile en Irak, mais il lui a été refusé et il a été expulsé vers l’Iran, malgré les protestations de groupes de défense de droits de l’homme Iraniens et internationaux, il a été arrêté et est actuellement en prison et fait parti maintenant de ces mêmes 13 personnes accusées par le régime de Téhéran.
-Est ce que M. Amouri avait demandé l’asile parce qu’il était un militant politique ou qu’il faisait de l’activisme social.
-M Kamel Alboshokeh Non il faisait parti de ces personnes qui ont essentiellement des problèmes culturels et économiques. Des personnes de la région quI se demandent et se disent par exemple pourquoi est ce que 80 pour cent de la richesse du pays est générée par le Khuzestân, alors les gens de la région souffrent du taux le plus élevé du chômage du pays- Ils se questionnent sur les politiques du gouvernement de la “république islamique” et se demandent pourquoi celles sont tellement anti-arabes et pourquoi sont elles aussi dirigées avec une telle violence contre toutes les autres minorités Iraniennes, Car il y a une aversion particulière du régime envers les Arabophones du pays. Pourquoi sont-ils toujours en train d’essayer de changer les caractéristiques démographiques de nos régions en particulier. Pourquoi font-ils semblant de faire des fausses excuses et de fausses promesses quand ils sont en train de confisquer les terres des agriculteurs de la région. La plupart des personnes dans la région du Khuzestân sont des agriculteurs. En ce moment ils sont en train de mettre à exécution de vastes plans, qui obligerons des milliers de personnes à quitter leurs terres. Ils disent que c’est dans le cadre d’un vaste projet national visant à transformer ces terres, en exploitations industrielles de la canne à sucre.
-Est-ce que le gouvernement Iranien a proposé aux agriculteurs Kuzhestanis de compenser toutes les pertes qu’ils subissent.
-M Kamel Alboshokeh: Ils prennent depuis des mois des centaines d’acres et d’hectares de terres a ces agriculteurs Kuzhestanis et leurs donnent très peu d’argent en retour. Nos agriculteurs ne peuvent pas faire n’importe quoi avec cet argent: ils ne peuvent pas se faire construire une nouvelle maison ou acheter une autre parcelle de terrain. Plusieurs villages ont déjà étés détruits de cette manière. Beaucoup d’habitants qui ont étés ainsi spoliés doivent aller vers les villes pour se loger, ou vivent maintenant dans les banlieues pauvres de villes comme Ahwaz. Je crois que le gouvernement essaie simplement de tout faire ce qui est en son pouvoir afin d’appauvrir les gens de la région.
-Y at-il des statistiques concernant la destruction de villages en raison de ces projets d’extensions de plantations industrielles de canne à sucre.
-M Kamel Alboshokeh: Nous n’avons pas de statistiques précises, mais nous savons que trois villages ont été évacués par la force aux environs des villes de Shooshtar et Ramshir. Certains habitants on étés évacués a cause de ces projets de plantations industrielles de canne à sucre, d’autres pour êtres à proximité de bases militaires. A Tarifeh un village près d’Ahwaz, lorsque les villageois ont protesté à la confiscation de leurs terres, deux des villageois ont été tués par les autorités. La télévision du Khuzestân a annoncé que le gouvernement avait lancé des projets de construction de villes nouvelles pour y loger des groupes nomades. Mais aucunes de ces villes ne sont en cours de construction pour les groupes nomades Arabophones. L’année dernière, Ahmadinejad s’est rendu au Khuzestan dans la municipalité d’Andimeshk située dans le canton de Ramin près d’Ahwaz, où le régime à fait construire quelques immeubles en plein milieu des terres agricoles. Mais les gens de la région ont pus constater que malgré les promesses du président, ceux qui vivent maintenant la sont pour la plupart des fonctionnaires Iraniens .Et comme ces villes nouvelles s’agrandissent de manières désordonnées, elles modifient peu à peu l’équilibre démographique de la région.
-Et ce que les populations Arabes subissent des restrictions en ce qui concerne la vie dans ces townships ou dans tous autres lieux du Khuzestân.
- M Kamel Alboshokeh: Non pas de manière flagrante mais la question est différente est plus insidieuse. Lorsque le gouvernement Iranien fait venir un groupe de personnes et qu’il les installe dans une zone, cela signifie qu’il a une politique spécifique pleine d’arrières pensées. Les Arabes peuvent encore vivre la où ils le veulent, mais le problème est que le gouvernement suit un plan ciblé. Pour ce qui est de la ville d’Ahwaz en particulier, le gouvernement à délibérément contribué à l’augmentation du nombre d’immigrants intérieurs, qu’il a fait venir principalement, de la province du Lorestan et d’autre provinces du pays.
-Est ce que des membres de la population Arabe ont étés expulsés du Khuzestân-Ou est-ce que seuls des non-Arabes peuvent venir s’installer dans la région.
-M Kamel Alboshokeh: Non, pour le moment les populations Arabes ne sont pas encore déplacées ou expulsées de la région, mais des non-Arabes ont étés déplacés en masse dans la province. Le gouvernement essaie par cette politique de transformer les Arabes qui y étaient majoritaire, comme une minorité dans le Khuzestan.
-Quelles sont les principales demandes des militants Arabophones Iraniens.
-M Kamel Alboshokeh: Nous voulons êtres considérés comme des citoyens Iraniens comme les autres. Et non comme des citoyens de seconde classe et de seconde zone. Nous voulons une part équitable des revenus pétroliers. Car c’est notre province qui produit la plus grande partie de la richesse économique du pays, alors qu’elle a le taux de chômage le plus élevé. Nous demandons simplement plus d’égalité et nous condamnons leurs politiques, quand par exemples Ils ne nous donnent pas le droit d’étudier notre langue maternelle. Quand ils font appliquer des lois de préférences Iraniennes et des lois stupides, qui font que des noms arabes ont été récemment interdits, ou quant ils font changer les noms de nombreuses villes du Khuzestân, pour les rebaptiser systématiquement avec des noms Persans.
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