Interview et témoignage d’une jeune femme Iranienne condamnée à subir quatre vingt coups de fouet pour avoir participé à une fête d’anniversaire mixte

Interview et témoignage d’une jeune femme Iranienne condamnée à subir quatre vingt coups de  fouet pour avoir participé à une fête d’anniversaire mixte.

mystealthyfreedom

17 et 21  Novembre 2016 nous relayons un article et un témoignage paru sur la page Face book  My Stealthy Freedom – Ma Liberté Furtive administrée par la journaliste et opposante Iranienne Massih Alinejad qui milite pour les droits des femmes en Iran et le libre choix des Iraniennes à ne pas porter le voile obligatoire. Ceci est l’histoire vécue par une jeune femme Iranienne qui a été arrêtée, « Jugée » puis condamnée à subir une peine de  80 coups de fouet, pour s’être soi- disant  « Comportée  de manière Immorale » lors de la fête d’anniversaire de l’un de ses amis.

 « Je suis une jeune femme Iranienne de 28 ans. J’étais allée à une soirée d’anniversaire  organisée par l’un de mes amis à Mashhad. J’ai été arrêtée au cours de cette fête pour avoir consommé de l’alcool (Ce qui est interdit en Iran). Je n’oublierai jamais le moment où la police a fait sa descente dans cette maison. Ils se sont rués dedans  sans aucun avertissement préalable . Ils voulaient savoir combien d’hommes étaient présents  parmi nous. On m’a d’abord emmenée de force au commissariat voisin. Ensuite ils nous ont emmenées dans une clinique spéciale pour contrôler combien d’alcool nous aurions pu consommer. Puis on nous a conduit dans un endroit horrible tenu par des agents femmes  qui nous ont traitées d’une  manière bien pire que ce que des agents hommes auraient pu le faire »

« Une de ces agentes a commencé à me donner violemment des  ordres: “Enlève ton pantalon, assied toi, reste debout …” Quand je lui ai dit que je n’étais pas à l’aise pour me déshabiller devant elle, elle m’a répondu d’un ton méprisant “Vraiment ? Pourtant tu n’as pas l’air d’être mal à l’aise quand tu te déshabilles devant des mecs” – allusion à mon habillement qu’elle considérait apparemment et probablement comme n’étant pas assez « Islamiquement correct » et  relevant selon-elle presque de la nudité.

« Au bout des deux jours de détention, j’ai fini devant un tribunal, je n’ai été libérée qu’après avoir signé de force les papiers requis. Étrangement, pourtant ce n’est que deux ans et quelques mois après ce jugement, que le verdict nous a été notifié: A savoir une peine de 80 coups de fouet pour avoir consommé de l’alcool et pour s’être rendues dans un endroit où se passaient des activités de débauche. Tout mon monde s’est effondré quand j’ai lu le verdict. Plus on se rapprochait de la mise en application de l’exécution, plus mon anxiété grandissait. Le jour où je me suis rendue à la prison pour qu’ils puissent me fouetter a été la pire journée de ma vie ».

« Dans la prison, j’ai été fouettée avec les pieds enchaînés et les mains attachées, avant d’exécuter leur sentence. Ils m’ont prise en photo et ont pris mes empreintes digitales comme si j’étais la pire des criminelles. On m’a jeté ensuite dans une cellule de trois mètre sur quatre, pourvue seulement d’une chaise. Je n’avais pas encore réalisé la profondeur de l’horreur de ce que j’étais sur le point de vivre, jusqu’à ce qu’une femme d’âge moyen accompagnée d’une plus jeune pénètrent dans la cellule et que toutes deux me demandent qu’elle était mon crime. Avant même que je n’ouvre la bouche, l’une d’entre elle m’a dit d’un ton sarcastique : “Des relations (avec un homme) ?” J’étais tellement choquée alors que je n’arrivais plus à prononcer un seul mot ».

« A cet instant elle m’a dit de me déshabiller en ne gardant que le minimum de vêtements sur moi, puis de m’asseoir sur la chaise. Je me souviens juste d’avoir entrevu les mains épaisses de la femme qui allait me fouetter. J’ai instinctivement pensé que cette femme aurait peut-être un peu pitié de moi et qu’elle ne me frapperait pas de toutes ses forces. Puis sous l’impact du premier coup, j’ai sauté de ma place sans pouvoir me contrôler. J’étais tellement choquée que mes larmes n’arrivaient même pas à couler. Je voulais crier mais je n’arrivais même pas à contrôler ma voix ».

« Cette femme m’a frappé très fort. A chacun de ses coups de fouet, elle me demandait de me repentir pour que Dieu me pardonne. Au bout de ces 80 coups de fouet j’ai réalisé qu’elle me les avait tous donné au même endroit sur mon dos « .

« Hors de la prison, une amie proche m’attendait en versant des larmes pour moi. J’ai voulu pleurer dès que je l’ai vue, non pas de douleur mais a cause de toutes les insultes que j’avais du subir de la part de ces deux agentes. Les pires mots qu’elles ont proférés durant toute cette épreuve sont indescriptibles. Le plus choquant est que cela m’arrive dans mon propre pays. Où est que dans le monde des gens risquent-ils un traitement aussi  insupportable? Simplement  pour avoir osé être heureux? Simplement pour le seul fait d’avoir  dansé et chanté ensemble lors de la célébration d’un anniversaire entre amis? »

Voir aussi sur les sites ci dessous où la journaliste et opposante Iranienne Massih Alinejad à pu recueillir plusieurs témoignages de jeunes femmes Iraniennes condamnées régulièrement à ces peines atroces de flagellation pour des accusations délirantes « d’Immoralité ».

https://www.facebook.com/StealthyFreedom/posts/1567346746612747
http://mystealthyfreedom.net/en/
https://twitter.com/masihpooyan

Contact – Collectif Soliranparis

Cet article, publié dans Doubles peines pour les prisonnier-es politiques Iranien-es, Droit à la présomption d'innocence bafouée en Iran, Gardes à vues et détentions arbitraires en Iran, Haine des femmes Institutionnelle en Iran, Humiliations quotidiennes des prisonnières et prisonniers politiques en Iran, Irrespect total des vies humaines des prisonnières et des prisonniers par le régime des Mollahs, Militant-es progressistes en Iran, Minorités opprimées et discriminées en Iran, Misogynie et sexisme d'Etat du régime des Mollahs, Oppression et répression en Iran, Prison Iranienne, Résistance à la dictature en Iran, Violence et cynisme sans bornes des autorités judiciaires Iraniennes, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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