Rapport spécial du réseau du Kurdistan Human Rights Network ou KHRN concernant la disparition de Saman Naseem et celles cinq autre prisonniers politiques condamnés à mort depuis leurs transferts de la prison d’Urnmiyeh il y a 8 jours

Rapport spécial du réseau du Kurdistan Human Rights Network ou KHRN concernant la disparition de Saman Naseem et celles cinq autre prisonniers politiques condamnés à mort depuis leurs transferts de la prison d’Urnmiyeh il y a 8 jours

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25 et 27 Février 2015 nouvelles qui nous sont parvenues par le biais de l’agence Kurde Rojhelat.info :Des sources intérieures de la prison centrale Darya de la ville d’Urmiyeh ont signalé au réseau Kurde de défense des droits de l’homme du Kurdistan Human Rights Network ou KHRN que le Mercredi 18 Février à exactement 10 heures, heure locale , un certain nombre d’agents en civil de la police politique et du Ministère des Renseignements accompagnés de gardiens en tenues anti émeute, avaient brutalement fait irruption dans le Quartier numéro 12 de la prison Darya de la ville d’Urmiyeh, où sont traditionnellement détenus un grand nombre de prisonniers politiques Kurdes.
Les gardiens avaient dans un premier temps convoqué le prisonnier Kurde Kurde Sirwan Nejawi au bureau de la sécurité intérieure. Cependant comme Sirwan était encore sous la douche au moment de cette convocation et qu’ils ne l’avaient pas trouvé, ils se sont rabattus aussitôt sur les frères Ali Afshari et Habib Afshari, qui ont été rapidement embarqués les yeux bandés et menottés des pieds à la tête. Selon cette même source peu de temps aprés Sirwan Nejawi et Ibrahim Isapoor étaient embarqués à leur tour puis emmenés de force dans des locaux spéciaux. Suite à cela la même équipe de matons est retournée dans le Quartier numéro 12 pour embarquer Saman Naseem, qui avait été informé de manière « informelle ». Quelques jours avant de la mise en œuvre de son exécution par ces mêmes gardiens. Les gardiens se sont ensuite emparés de Saman avant de le jeter dans un fourgon qui l’attendait à l’entrée principale du centre de détention.

Saman a alors commencé courageusement à protester en criant des slogans, et un certain nombre d’autres prisonniers ont commencé à crier et à manifester leur colère avec lui. Suite à cette perturbation, les gardiens son entrés dans le hall du Quartier numéro 12 et on demandé brutalement à un autre détenu du nom de Kamal Silo de quitter les lieux et de se taire, la situation s’est ensuite extrêmement tendue, et deux gardiens ont alors violemment menacés de frapper à coups de matraques, un groupe de cinq autres prisonniers qui se trouvaient dans le même hall.

Cette source intérieure de la prison, a également souligné et témoigné sur ce qui s’était passé dans le cas de Yunes Aghayan: « Au moment même où le prisonnier politique Yunes Aghayan qui était enfermé dans le Quartier numéro 1 de la prison Darya, a tenté de prévenir sa famille depuis les cabines téléphoniques fixes dans le hall ,parce qu’il venait d’apprendre qu’il allait être transféré ailleurs , les gardiens appuyés par un grand nombre d’officiers et d’agents du Ministère des Renseignements en civil, se sont emparés de lui, ils l’ont ensuite menotté et lui ont bandé les yeux, puis ils l’ont obligé violemment à rejoindre le groupe des autres prisonniers que j’ai cité plus haut, parmi lesquels se trouvaient Sirwan Nejawi, Ibrahim Isapoor ,Ali Afshari et Habib Afshari qu’ils ont ensuite jeté dans des fourgons cellulaires qui sont sorti ensuite de la prison par la porte principale ».

La même source a aussi noté que les « Fonctionnaires » de la prison Darya avaient une semaine avant ces événements, comptabilisés tous les prisonniers politiques susceptibles d’être « Trop remuants » pour les séparer de leurs autres codétenus, mais aussi préparer des futurs transferts dans d’autres prisons du pays, c’est ce qui s’était passé par exemple pour le cas du prisonnier politique Ahmad Soleiman qui seulement une semaine à peine, après avoir arrêté sa participation à une action de grève de la faim collective qui avait duré plus de 23 jours dans la prison le mois de Décembre dernier, avait en représailles été transféré depuis la prison Darya d’Urmiyeh vers celle de Tabriz.

D’autres sources ont également relevées que malgré les déconnexions et les brouillages quotidiens des lignes téléphonique et des cabines de téléphones fixes réservées aux détenus qui ont lieu depuis les 8 derniers jours, date de la disparition du groupe de ces six condamnés à mort , la mise en place de mesures de rétorsions lourdes, la présence accrue dans les diverses Sections et Quartiers du centre de détention d’agents des forces spéciales anti émeutes de l’administration pénitentiaire, l’accroissement des contrôles et des fouilles de cellules sous couvert de la prévention des trafics, des informations avaient quand même pu filtrer, et que celles-ci indiquaient qu’il y avait de fortes présomptions d’exécutions imminentes contre ces six prisonniers. Et que l’Officier responsable de la distribution de l’information aux détenus, les avait informé qu’un certains nombres de prisonniers politiques et condamnés à mort, allaient sous peu êtres exécutés ou transférés ailleurs: « Parque leur sort étaient désormais entre les mains du Ministère des Renseignements ».

Le réseau de défense des droits de l’homme du Kurdistan Human Rights Network avait pu contacter les familles et les parents de Saman Naseem, Sirwan Nejawi, Ali Afshari et Habib Afshari, Yunes Aghayan, Ibrahim Isapoor le Samedi 19 Février, après la publication d’informations parues sur plusieurs sources indépendantes et dans de nombreux réseaux sociaux d’opposition , rapportant des rumeurs inquiétantes sur les possibles exécutions de ces six prisonniers au cours de cette même journée. Des responsables et des militants de l’organisation du KHRN s’étaient rendus à la prison centrale Darya de la ville d’Urmiyeh, et demandé par téléphone aux autorités gouvernementales Iraniennes de leur donner plus de détails. La seule réponse officielle qu’ils purent obtenir fut que la famille de Saman Naseem avait appris de la Cour du « Tribunal Révolutionnaire » d’Urmiyeh que selon ses dernières ordonnances judiciaires, leur fils Saman avait été transféré dans un centre de détention inconnu. Quelques heures après alors même que la famille n’arrivait toujours pas à obtenir de plus amples informations. Un homme se présentant à la famille par Téléphone, comme un Officier de la sécurité intérieure, demanda à celle ci de venir a la date du Samedi 21 Février 2015 pour reprendre les effets personnels de leur fils qui aurait été exécuté la veille. A ce jour la famille de Saman malgré ses demandes n’a toujours pas pu obtenir, le nom et la véritable identité de cet Officiel en question, ni même savoir si ce coup de fil provenait vraiment bien de la prison d’Urmiyeh.

Un membre de la famille de Saman Nasseem à informé le KHRN et lui a rapporté que des agents des bureaux locaux du Ministère des Renseignements des villes d’Urmiyeh et de Merîwan, étaient entré en contact par Téléphone avec eux dés le Jeudi 19 Février 2015 , et que ceux-ci les avaient aussitôt menacés de représailles, en insistant lourdement sur le fait, de ne pas entrer en contact avec des médias Iraniens ou étrangers et avec eux d’évoquer l’affaire, de ne pas organiser de services funéraires, de cérémonie religieuse à la Mosquée locale, ni le moindre rassemblement à sa mémoire devant le domicile familial, s’il était exécuté ce jour la. Il convient également de rappeler que depuis ce coup de fils de menaces, les membres de la famille de Saman mais aussi celles de Sirwan Nejawi, Ali Afshari et Habib Afshari, Yunes Aghayan, Ibrahim Isapoor subissent d’intenses pressions et des tentatives d’intimidations constantes, émanant des diverses agences des forces répressives du régime. Un autre membre de la famille de Saman a également rajouté qu’il avait été menacé par un coup de Téléphone « Anonyme » lui disant que la famille ne pourrait jamais récupérer son corps, si elle n’obéissait pas strictement aux injonctions que lui avait transmis le Ministère des Renseignements.

Le vendredi 20Février 2015, le réseau des militant-es et activiste du Kurdistan Human Rights Network ont reçu des informations de plusieurs de leurs sources fiables en Iran. Qui ont pu se procurer des informations enregistrées provenant des ordinateurs de la prison Darya de la ville d’Urmiyeh qui contenaient des informations très précises quant à leur lieux de détentions actuels, il apparait après leurs analyses approfondies qu‘Ali Afshari et Habib Afshari avaient été transférés au secret et en cellules d’isolement dans la prison de Qazvin (Région de Téhéran), Sirwan Nejawi et Ibrahim Isapoor dans la prison de Tabriz (Nord de l’Iran) , et Saman Naseem et Yunes Aghayan dans la prison de Zanjan (Au Nord ouest du pays non loin de la frontière Turque).

On a également appris que dés le Vendredi 20 Février 2015 dernier, des agents de l’administration pénitentiaire et du bureau local du Ministère des Renseignements de la ville d’Urmiyeh, avaient contactés les membres de la famille Habib Afshari et Habib Afshari pour les informer officiellement de l’exécution des deux frères. Et que ces agents avaient menacés ensuite la famille de ne tenir aucunes cérémonies funèbres et de commémorations religieuses dans la Mosquée locale sous peine de représailles. Le même jour le réseau du Kurdistan Human Rights Network qui a pu contacter la famille et l’épouse d’Ali Afshari a appris par son biais qu’ont lui avait annoncé et confirmé « officiellement » les exécutions de leurs deux fils, par la suite Rahim Afshari un autre parent de cette famille, a confirmé avoir lui aussi bien reçu une confirmation officielle de celles- ci, émanant du bureau local du Ministère des Renseignement. A ce jour – soirée du 27 au 28 Février –Ndlr –  on a également appris qu’un membre de famille Afshari qui subi des menaces et d’intenses pressions de la part d’agents du bureau du Ministère des Renseignements de Mahabad, avait accepté de s’engager par écrit,  a ne pas organiser de funérailles publiques, et qu’on lui avait ordonné  de préparer le deuil des deux frères dans la plus stricte discrétion.

Les toutes dernières enquêtes du réseau du Kurdistan Human Rights Network, ont pu nous confirmer que Sirwan Nejavi et Ibrahim Isapoor avaient bien été transférés dans la prison de la ville de Tabriz où ils sont enfermés depuis la soirée du 21 Février, cependant on ne sait pas encore s’ils se trouvent dans le couloir de la mort du Quartier où sont habituellement enfermés les condamnés à mort, on sait seulement pour le moment qu’ils ont été placés dans des cellules d’isolement spéciales. Qu’ils n’ont pas le droits de téléphoner et de recevoir de visite de leurs familles et dans l’obligation d’être menottés pieds et aux mains toute la journée. Aux toutes dernières nouvelles le réseau du KHRN a également eu la confirmation que dés leurs arrivées à la prison de Tabriz le 21 Février, Sirwan et Ibrahim s’étaient lancés immédiatement dans des actions de gréves de la faim, pour protester contre l’aggravation de leur situations.

Depuis le Dimanche 22 Février 2015 dernier le réseau du Kurdistan Human Rights Network, a pu savoir que le père de Yunes Aghayan qui subi lui aussi d’intenses pressions de la part du régime, avait été informé officiellement par l’administration pénitentiaire d’Urmiyeh que leur fils avait bien été transféré vers la prison de la ville de Zanjan. Le KHRN qui a pu le même jour contacter par téléphone M. Aghayan père, a également pu l’informer de la confirmation du transfert de son fils Yunes ainsi que celles d’autres de ses codétenus qui lui avait été transmise par des membres du personnel de la prison d’Urmiyeh. On sait pour le moment que depuis son arrivée à Zanjan, Yunes a été placé en cellule d’isolement, et qu’il a été donné l’ordre qu’il ne reçoive aucunes visites et qu’il ne puisse pas pouvoir donner de ses nouvelles par Téléphone à sa famille.

Au cours de la même journée du 22 Février 2015 les militants du KHRN on pu également avoir une longue conversation téléphonique avec le frère de Saman Naseem, celui-ci leur a rapporté qu’il avait durant toute cette journée du 22 Février, tenté d’obtenir la confirmation officielle de la part de l’administration pénitentiaire d’Urmiyeh, du transfert de Saman vers une autre prison et que toutes ces démarches avaient été suivies de réponses négatives et de fin de non-recevoir. Finalement que ce n’est seulement qu’a la fin de la journée, et après s’être rendus ensemble au « Tribunal Révolutionnaire » local que les membres de la famille, ont enfin pu avoir la confirmation officielle du transfert de Saman vers la prison de Zanjān.

Deux jours après le 24 Février la famille de Saman Naseem a de nouveau été convoquée à la cour du « Tribunal Révolutionnaire » d’Urmiyeh, où on leur a enfin cyniquement « expliqué » que leur fils n’avait pas encore été exécuté, mais qu’il avait été transféré vers la prison de Zanjan, pour des « Raisons disciplinaires » en raison de sa participation à la gréve de la faim des prisonniers politiques Kurdes du mois de Décembre dernier, durant laquelle il aurait scandé à plusieurs reprises des slogans hostiles au gouvernement et crié des propos: « Insultants contre le régime et l’administration pénitentiaire ».

Lors de la même journée du 24Février le KHRN a également pu avoir une autre conversation téléphonique avec le père de Yunes Aghayan, au cour de laquelle il a rapporté que les autorités pénitentiaires d’Urmiyeh lui avait « expliqué » que Yunes avait été transféré vers la prison de la ville de Zanjan en raison de sa participation à la grève de la faim de Décembre dernier dans le Quartier numéro 12, et que durant celle ci il avait scandé des slogans hostiles: « Dénonçant abusivement la surpopulation carcérale« . Le père de Yunes Aghayan a ensuite déclaré à la fin de sa conversation avec les militant-es du KHRN qu’il avait demandé aux autorités pénitentiaires d’Urmiyeh, de voir son dossier et leur avait demandé une confirmation officielle de leur part, sur les allégations porté contre son fils, mais toutes ses demandes sont restée vaines à ce jour. On se demande du reste comment Yunes aurait pu scander ces « Slogans hostiles  » puisque d’après des témoignages d’autres prisonniers, on sait qu’il n’avait joué aucun rôle actif dans cette action de grève de la faim. Et que de surcroit il était enfermé à l’époque dans le Quartier numéro 1, et non dans le Quartier numéro 12 où celle ci avait éclatée.

Le Kurdistan Human Rights Network déclare que ses enquêtes et ce rapport prouvent que le régime essaye rétroactivement par ces basses manœuvres ,de punir et de briser physiquement et psychologiquement tous les prisonniers politiques Kurdes qui avaient participés à une action collective de gréve de la faim de 23 Jours qui avait éclatée dans le Quartier numéro 12 de la prison centrale Darya de la ville d’Urmiyeh. Et que cette attitude monstrueuse de cynisme de la « République Islamique d’Iran » ne peut que renforcer les inquiétudes et les préoccupations croissantes des Organisations Internationales de défenses des droits de l’homme, et de lutte contre la peine de mort tant Internationales que de l’Opposition Iranienne. Quant à la possibilité d’exécutions secrètes appliquée contre les prisonniers politiques Saman Naseem, Sirwan Nejawi, Ali Afshari et Habib Afshari, Yunes Aghayan et Ibrahim Isapoor

Voir sur le site Rojhelat.info: KHRN’s Special Report: Regarding the previous seven days of the sudden transfer of six political prisoners on death row

http://rojhelat.info/en/?p=8241
Et sur le site du Kurdistan Human Rights Network  :
http://kurdistanhumanrights.org/
http://kurdistanhumanrights.org/special-report-from-the-7-days-of-sudden-shift-for-six-political-prisoners-sentenced-to-death/
Kurdistan Human Rights Network sur Twitter et Face Book
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sirwan-ibrahim2

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