Le Brésil devrait supporter les luttes syndicales et ouvrières en Iran par Mansour Osanlou

Le Brésil devrait supporter les luttes syndicales et ouvrières en Iran par Mansour Osanlou.

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Mansour Osanlou

25 et 29 Mars 2014 International Campaign for Human Rights in Iran : En tant que militant syndicaliste et travailleur Iranien, j’ai toujours cherché des modèles que mon pays peut suivre à améliorer . Trouver un équilibre entre les droits des travailleurs , l’évolution économique , le commerce international , et les sociaux- programmes vitaux, ce n’ est en effet pas une tâche facile, surtout pour les pays ayant passé trouble comme le mien .

Chargé des défis sans précédent après une transition difficile vers une démocratie en 1985, le Brésil a agréablement surpris le monde . Le Brésil est aujourd’hui un acteur mondial qui est devenu un modèle à suivre pour les États émergents comme l’Iran, en particulier en ce qui concerne les droits des travailleurs et des droits de l’homme .

En tant qu’organisateur et chef du syndicat libre des conducteurs de bus de Téhéran et de sa banlieue de la Vahed Bus Company, je suis parfaitement conscient des obstacles que rencontrent les ouvriers en Iran. Pour la plupart des Iraniens, les salaires sont dangereusement bas, l’hygiène et la sécurité n’existent pas au travail et les programmes sociaux nécessaires sont régulièrement supprimés ou revus à la baisse.

Mais en Iran il est hors de question pour nous de défendre les droits des travailleurs ou des pauvres. La simple planification d’organisation de réunions syndicales libre, la participation à des manifestations, par exemple peuvent avoir des conséquences très graves

J’en ai moi-même fait l’expérience. J’ai été emprisonné plus de cinq ans. J’ai été torturé physiquement et menacé de mort et de viol. Mon épouse, ma belle fille et mes enfants ont été harcelés, emprisonnés et violemment maltraités. Mon crime supposé : avoir simplement demandé une augmentation de salaire pour mes camarade conducteurs de bus de Téhéran.Un pays peut-il progresser quand son gouvernement ne tolère pas les vues divergentes de ses propres citoyens ? Les citoyens iraniens ordinaires peuvent-ils trouver la dignité dans leur travail alors qu’ils ne peuvent jamais revendiquer de meilleures conditions de travail ?

Contrairement aux allégations et belles promesses des chargés de communication du nouveau gouvernement, la situation des droits humains ne s’est pas améliorée depuis l’arrivée au pouvoir d’Hassan Rouhani il y a huit mois auparavant et alors que les médias occidentaux le présente comme un « Modéré » pour les travailleurs Iraniens, les perspectives sont toujours aussi mornes.

Le nouveau gouvernement a revalorisé le salaire minimum à un niveau qui ne couvre que le quart de ce dont les familles de travailleurs auraient besoin pour subvenir à leurs besoins et vivre dignement. En moyenne, cinq travailleurs sont quotidiennement victimes d’accident du travail sur les chantiers de construction et dans les usines. Les travailleurs qui se plaignent peuvent être convoqués dans les bureaux locaux des Herassat ( Des agents de sécurité rendant des comptes au Ministère des renseignements et à la police politique de la Vevak ) qui existent dans la plupart des entreprises publiques, des associations techniques et dans toutes les universités ; le personnel de ses bureaux est composé de représentants du ministère du renseignement ; et ces travailleurs peuvent être licenciés. Bien sûr les sanctions impacté l’économie iranienne, mais la plupart de ces politiques hostiles aux travailleurs sont antérieures à ces sanctions.

Il y a tout juste deux semaines, deux travailleurs de la compagnie des bus de Téhéran et de sa Banlieue qui voulaient recréer le syndicat de notre compagnie ont été arrêtés. Hassan Saedi et Morteza Komsari avaient tenté d’organiser des réunions informelles durant lesquelles ils enseignaient aux travailleurs les bases de la défense, soulignaient les droits dont ils pouvaient bénéficier et rassemblaient des signatures pour une pétition demandant la réouverture de notre syndicat. Alors qu’ils venaient d’obtenir pas moins 2.000 signatures, ils ont ensuite porté la pétition au ministre iranien du travail. A peine une semaine plus tard, ils étaient arrêtés sans vraie justification légale, sous le fallacieux prétexte « d’actes contraires à l’ordre public et atteintes à la sécurité nationale. ». Alors que l’Iran continue à reculer tant sur les droits sociaux que politiques le Brésil a fait des progrès significatifs durant la dernière décennie. En tant qu’enfant de travailleur et membre du syndicat ABC des métallurgistes, l’ancien président Luiz Inacio Lula Da Silva a réussi d’importantes réformes et a défendu leur dignité aux travailleurs de son pays. Les victoires obtenues par le gouvernement de Lula, comme l’augmentation du salaire de 40.000 métallurgistes de la région Sao Paulo en 2010, ont été une large source d’inspiration pour le mouvement des travailleurs Iraniens et nous à montré un chemin à suivre.

Les travailleurs iraniens n’ont pas seulement besoin du Brésil en tant que modèle social et de défense des droits de l’homme. Le Brésil doit aussi être un allié pour l’amélioration des droits humains et des travailleurs qui luttent pour leur dignité en Iran.

Pendant la visite de Lula en Iran en 2010, je lui ai écrit depuis ma prison, lui demandant de défendre les droits humains et la liberté des travailleurs à s’organiser. Lula est un ancien prisonnier de conscience et a offert l’asile à une Iranienne condamnée à la lapidation. La présidente Dilma Rousseff qui a également été une ancienne prisonnière politique, s’est constamment tenue aux côtés des Iraniens en votant à deux reprises au Conseil des Droits Humains des Nations Unies pour la nomination d’un expert indépendant et d’un Rapporteur Spécial, pour surveiller spécifiquement la situation des droits humains en Iran.

Sans pressions internationales, le gouvernement iranien continuera à intimider et à emprisonner les travailleurs et les autres défenseurs des droits humains sans en supporter les conséquences.

Les prisons iraniennes sont cruelles. Pendant sept mois et 23 jours, j’ai été  placé dans une cellule à l’isolement, dans un trou de béton à peine assez grand pour contenir un homme. Les maltraitances physiques et psychologiques comme les simulacres d’exécutions, sont considérées par les « Juges » de notre pays comme des techniques d’interrogatoire valables. Mon frère Afshin, qui était syndicaliste lui aussi est mort en prison le 21 Juin 2013 dernier après que ses ravisseurs et gardiens lui aient refusé tout traitement médical et de le soigner pendant qu’il le ramenait à la prison d’Evin. Il y a au moins 900 prisonniers politiques et de conscience en Iran, dont au moins 30 syndicalistes qui sont condamnés à de lourdes peines.

Lula, la présidente Rousseff et le parti des travailleurs, malgré beaucoup de difficultés, ont essayé de faire ce qu’il fallait pour leur pays. J’espère que, quand la situation se présentera, ils défendront aussi le nôtre. En tant que leader global et équilibré, les décisions du Brésil ont un impact majeur, même au Moyen-Orient. Des pressions internationales m’ont aidé à retrouver la liberté il y a quelques années, ce qui prouve le pouvoir que la communauté internationale peut avoir quand elle se concentre sur la responsabilité et la justice. Le 24 mars 2014 prochain, le Brésil aura de nouveau le pouvoir d’influencer le vote du conseil des droits humains des nations unies sur la situation des droits humains en Iran. Un vote en faveur de cette résolution donnera au Brésil l’occasion de prouver globalement son implication en faveur des mouvements des travailleurs et d’honorer les centaines d’Iraniens qui luttent pour leurs droits humains.
Mansour Osanloo est un activiste politique et militant Syndicaliste et défenseur des droits humains et des travailleurs, il a été emprisonné à plusieurs reprises en Iran pour de simples faits de syndicalisme avant de fuir le pays. Il est aussi l’un des anciens leaders du syndicat libre des travailleurs chauffeur de Bus de Téhéran et de sa banlieue de la Vahed Bus Company.

Relire également les nouvelles que nous avions relayée à propos de la mort d’Afshin Osanloo le frère de Mansour mort dans des circonstances troubles le vendredi 21 juin 2013 dernier après un transfert de l’ hôpital où on devait le soigner vers la sinistre et tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran.

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Obsèques de notre Camarade syndicaliste Iranien Afshin Osanlou à Téhéran Été 2013
https://soliranparis.wordpress.com/2013/06/30/mort-en-prison-du-militant-syndicaliste-afshinosanloo-en-iran/
Voir aussi sur
http://www.iranhumanrights.org/2014/03/osanlou-brazil/
http://www.estadao.com.br/noticias/impresso,brasil-precisa-apoiar-luta-dos-sindicalistas-iranianos,1143788,0.htm
http://www.iranhumanrights.org/2013/08/osanloo_memorial/

Soliranparis contact nomore@riseup.net

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