Face à l’extrême-droite et au racisme

Face à l’extrême-droite et au racisme

probachar-2fevrier-3

Quand l’extrême droite défilait a paris en février 2012 a la gloire du dictateur Fasciste Bachar Al Assad et à celle de tous ses alliés pseudo « Anti impérialistes ».

17  aout Nous publions et relayons ce texte et cette analyse publié le 8 août 2013 dernier par nos camarades et amis de l’Initiative Communiste Ouvrière, sur les groupes Fascistes en France et particulièrement sur les groupuscules violents de ceux dont des membres ou des proches qui ont été impliqués dans l’assassinat de notre Camarade et ami Clément Meric, nous n’avons pas oublié non plus plus qu’en France ce sont les mêmes cas de pathologies politique et les mêmes idéologies nauséabondes de l’extrême droite , les mêmes gourous politiques qui sont responsables directement ou indirectement de la mort de Clément qui défilent et paradent régulièrement avec banderoles et pancartes en soutien à des dictateurs théocratiques et fascistes comme Khamenei et Hassan Rohani pour l’Iran ou encore Bachar Al Assad pour la Syrie.Ni que ce sont les mêmes aussi qui soutiennent becs et ongles les régimes de leurs « alliés » pseudos « anti impérialistes« , tels que celui du démagogue populiste bourgeois national-patriotard Chavez, celui autocratique réactionnaire et chauvin de  Poutine en Russie, du dictateur Biélorusse Lioukachenko, du régime Chinois actuel qu’ils ont décrété comme étant encore soit disant encore « communiste » et mêmes pour les plus allumés d’entre eux une admiration sans bornes également pour la dictature Ubuesque de la Corée du nord.

Face à l’extrême-droite et au racisme

Ce texte a servi d’introduction à la discussion sur l’antifascisme lors de la rencontre d’été de l’Initiative communiste-ouvrière, qui s’est tenue du 26 au 28 juillet dans les Deux-Sèvres.

Si le meurtre de Clément reste dans toutes les mémoires, il n’est malheureusement pas un acte isolé. Depuis au moins un an, c’est quasiment chaque jour que, de Lille à Marseille, des agressions racistes, des violences homophobes ou des attaques de néo-nazis sur des militants de gauche ont lieu. Le 7 mai, à Nabirat, en Périgord noir où il passait ses vacances, Ibrahima Dia, franco-sénégalais d’Evry, est tabassé par trois racistes ; 18 mai à Lyon, deux couples se font taper dessus par des néo-nazis parce qu’un des hommes « fréquente une asiatique » ; le 7 juin, deux militantes du NPA sont agressées à Toulouse, 9 juin, c’est un Sénégalais qui est agressé à coup de couteau à Metz ; le 13 juin, c’est une femme musulmane qui est violentée à Montreuil ; le 23 juin, deux hommes qui reviennent d’un concert de rock, dont un maghrébin, sont tabassés par cinq brutes de Troisième Voix, le 28 juin des antifascistes se font tirer dessus à Poligny ; le 29 juin c’est une militante homosexuelle du NPA qui est attaquée à Paris… et ce ne sont là que quelques exemples, exemples qui montrent bien que, quoiqu’en dise une certaine presse, n’importe quel militant antifasciste, mais aussi n’importe quelle personne, Arabe, Rrom, Juive, Noire, homosexuelle… qui n’entre pas dans les critères racistes de la France blanche des néo-nazis, aurait pu finir tué comme Clément Méric.

Au-delà de ces agressions physiques, on ne compte plus le nombre de profanations de cimetières musulmans ou juifs, de tags nazis sur les murs de mosquées ou de synagogues, d’attaques contre des bars gays, etc. A Marseille et dans les environs de Lille, on a même pu assister à de véritables pogroms contre des campements Rroms. Tout cela entre aussi dans un contexte où les plus violents appels à la haine ou à la discrimination à l’encontre d’êtres humains sous prétexte de leurs couleurs de peau, de leurs origines ou de leurs nationalités ne sont plus l’apanage de la seule extrême-droite. Pendant cinq longues années, depuis les plus hauts sommets de l’Etat, ont été déversés les plus réactionnaires discours et politiques nationalistes contre les immigrés et les Rroms. Sarkozy surfant sur les discours du FN avec la viande hallal lors des dernières élections, Copé avec son pain au chocolat et plus récemment c’est Didier Réault, conseiller municipal et général UMP de Marseille, qui lance un appel au pogrom anti-rroms sur son compte twitter, tandis que son comparse le député Guy Teissier avait déclaré que « dix Rroms c’est déjà trop ».

Et au racisme, il faut ajouter la vaste campagne homophobe organisée contre le mariage pour tous, campagne orchestrée et organisée par différents groupements d’extrême-droite, la droite et une fraction de l’église catholique et qui a réussi à mobiliser dans les rues.

Et bien sûr, du côté du gouvernement, les quelques promesses pré-électorales qui avaient été faites concernant les droits des étrangers, comme le droit de vote aux élections locales, ont été repoussées aux calendes grecques. Aucun assouplissement n’a été mis en place pour permettre aux travailleurs de sans-papiers d’être enfin régularisés. Concernant les Rroms, c’est toujours la même politique du démantèlement des campements par la violence, sans aucune solution de relogement, et la ligne du gouvernement semble tenir dans ces quelques mots de Valls « les Rroms ont vocation à retourner en Roumanie » (même si il y a des Rroms de toutes les nationalités européennes). Et le lendemain de la mort de Clément, ce sont des centaines d’agents de police qui ont été dépêchés à Barbès pour y effectuer une des plus grandes rafles de ces dernières décennies.

Enfin, tant par la banalisation des discours racistes que par le dégoût d’une partie croissante de l’électorat tant vis-à-vis de l’UMP et que du PS, partis dont la gestion du capitalisme est incapable d’améliorer un minimum la vie quotidienne de la population, on assiste à un renforcement électoral du Front National.

-Qu’est-ce que le fascisme

Ce climat détestable se doit d’être analysé. On pourrait en effet dire comme Trotsky dans les années 1930 que “Tout ce que la société, si elle s’était développée normalement aurait dû expulser (…) comme l’excrément de la culture, elle est en train de le régurgiter : la civilisation capitaliste vomit aujourd’hui la barbarie non digérée”.

Et pour analyser ce phénomène, il convient de définir les mots, de ne pas appeler « fasciste » n’importe quel courant ou politique réactionnaire .Dans la gauche et l’extrême-gauche, le mot « fasciste » a en effet tendance à être utilisé pour désigner n’importe quel régime ou parti réactionnaire, autoritaire et/ou répressif. Pour les marxistes, les mots en politique ne visent pas à insulter les adversaires ou les ennemis de classe ou à donner une impression de radicalité en les désignant par des mots comme « fascistes » ou « nazis », mais à analyser et décrire une réalité afin de pouvoir agir et transformer le monde. En traitant n’importe quel régime, dès lors qu’il se montre répressif, de « fasciste », on oublie que l’Etat, quelque soit sa forme, est toujours la dictature d’une classe sur une autre, et que la bourgeoisie ne réprime pas parce qu’elle est fasciste mais parce qu’elle est la classe dominante qui veut conserver son pouvoir. Désigner tout régime répressif ou toute politique réactionnaire comme « fasciste » s’est aussi, comme dans « Pierre et le loup », ne plus avoir de mots lorsqu’il faudra réellement faire face à un danger fasciste.

Le racisme et le fascisme se sont trouvés liés dans les atrocités du régime nazi, mais on doit avoir en tête qu’avant son rapprochement puis son alliance avec l’Allemagne nazie, le fascisme en Italie ne développait pas de politique raciste à ses origines, alors qu’à la même époque, et jusqu’au mouvement pour les droits civiques, la plupart des Etats du sud des Etats-Unis avaient des législations ouvertement racistes et ségrégationnistes à l’encontre des Noirs. De la même façon, toute l’extrême-droite n’est pas fasciste. Ce qui caractérise le fascisme, c’est qu’à la différence d’autres courants bourgeois réactionnaire, il se construit une base sociale sur une fraction de laissés-pour-compte du développement capitaliste, comme des petits-bourgeois, des boutiquiers au bord de la faillite, des petits patrons coincés entre le grand capital et la classe ouvrière, des pseudos-intellectuels ratés, des mercenaires désœuvrés, etc., et qu’il parvient à mobiliser cette base sociale comme force terroriste contre le mouvement ouvrier organisé. Les régimes fascistes d’Italie ou d’Allemagne des années 1930, mais aussi le régime islamique d’Iran en 1979-1981, ne se sont pas simplement imposés en utilisant les forces répressives habituelles de l’appareil d’Etat, mais aussi et surtout par des bandes de brutes armés comme les chemises noires, les SA ou les Hezbollis. Bien que financés et soutenus par la grande bourgeoisie, les partis fascistes utilisent une rhétorique populiste, et parfois même un vague « anti-capitalisme » sous des discours nationalistes. Et si le fascisme n’a pas toujours été raciste, le racisme apparaît comme un des moyens de cristalliser le mécontentement de ces catégories de laissés-pour-compte sans s’en prendre au capitalisme. Dans Qu’est-ce que le national-socialisme ?, Trotsky écrivait : « Sur le plan politique, le racisme est une variété hypertrophiée et vantarde du chauvinisme associé à la phrénologie. De même que l’aristocratie ruinée trouvait une consolation dans la noblesse de son sang, la petite bourgeoisie paupérisée s’enivre de contes sur les mérites particuliers de sa race. (…) Tout en se prosternant devant le capitalisme dans son entier, le petit bourgeois déclare la guerre à l’esprit mauvais de lucre, personnifié par le juif polonais au manteau long et, bien souvent, sans un sou en poche. Le pogrom devient la preuve supérieure de la supériorité raciale» .

Dès lors, les courants fascistes ont toujours cherché à jouer sur une certaine confusion avec le mouvement ouvrier. Mussolini a fait ses premières armes en politique, non pas dans les partis traditionnels de la bourgeoisie, mais au sein du Parti Socialiste. Le nom officiel du parti nazi était NSDAP, ou Parti National-Socialiste du Travailleur Allemand. En France, le leader du principal parti fasciste était Doriot, un ancien cadre dirigeant du Parti Communiste, etc. Perdants du partage du monde lors du traité de Versailles au lendemain de la première boucherie mondiale, les partis fascistes d’Italie et d’Allemagne ont également développé une rhétorique nationaliste opposant non pas prolétaires et bourgeois mais les « nations prolétaires » que seraient l’Allemagne et l’Italie aux « nations exploiteuses », une rhétorique finalement guère éloignée de celle du nationalisme de gauche.

Enfin, la bourgeoisie ne fait appel au fascisme que lorsqu’elle se trouve acculée. Si en Italie comme en Allemagne, les bandes fascistes lui ont été nécessaires pour briser les os du mouvement ouvrier, la bourgeoisie était aussi et surtout acculée par la crise de son propre système après 1929. En 1933, si le souvenir de la menace révolutionnaire restait vivace chez les bourgeois, la révolution avait déjà été écrasée. Si le capital a trouvé dans les bandes nazies un moyen de prendre sa revanche sur la classe ouvrière, une politique nationaliste agressive lui est aussi nécessaire pour faire face aux autres puissances impérialistes, relancer l’industrie par le militarisme et récupérer des régions minières. Ce n’est donc pas seulement pour briser les os du prolétariat que le capital fait le choix du nazisme, mais aussi et surtout parce que, dans le contexte de crise économique mondiale, la barbarie du fascisme et de la guerre est la seule issue pour que les capitalistes puissent s’enrichir à nouveau.

-L’extrême-droite en France aujourd’hui

Ce petit rappel, succinct, de l’analyse marxiste du fascisme est nécessaire pour une analyse de l’extrême-droite en France aujourd’hui qui ne se limite pas à traiter de « facho » tout réactionnaire ou de parler de danger fasciste à tord et à travers.

Tenter de comprendre l’extrême-droite en France aujourd’hui implique de comprendre qu’elle est traversée par des courants qui développent différentes tactiques. Une des premières oppositions au sein de l’extrême-droite est celle entre une posture clairement néo-fasciste, un discours « anti-système », et de l’autre une recherche de respectabilité afin d’intégrer le personnel politique normal de la bourgeoisie. C’est cette recherche de respectabilité qu’on retrouve chez Marine Le Pen, même si elle joue aussi sur l’autre tableau pour conserver un électorat, est facilitée par la radicalisation du discours raciste au sein même de l’UMP. Entre Guéant, Copé et Marine Le Pen, il n’est pas toujours simple de trouver qui est le plus raciste. Cette recherche de respectabilité devient également possible par les changements de générations. Entre la vieille génération gaulliste et la vieille génération frontiste existaient des barrières psychologiques liées à l’histoire, avec d’un côté un parti se réclamant de la résistance et de l’autre des gens ouvertement nostalgiques de Pétain et de l’occupation nazie, mais aussi entre un parti qui après avoir mené la guerre en Algérie avait fini par devoir accepter son indépendance et de l’autre les anciens de l’OAS qui considéraient De Gaulle comme un traître.

On remarquera que lors du meurtre de Clément Méric, on ne pouvait pas mettre une feuille de cigarette entre les positions du FN exprimées par Marine Le Pen et celle de l’UMP sorties de la bouche de Copé. Copé a ainsi réclamé « la dissolution des groupuscules d’extrême droite comme d’extrême gauche », et Marine Le Pen a bien fait attention d’oublier ses anciennes liaisons avec Ayoub et ses JNR, et s’est désolidarisé d’eux tout en appelant à la dissolution des groupes « d’extrême droite » ou « d’extrême gauche ».

L’actuelle direction du FN cherche également à rejeter les néo-nazis trop visibles qui hier encore collaient ses affiches, assuraient son service d’ordre ou même étaient candidats sous les couleurs du FN. Ce n’est pas, bien sûr, un changement de fond du FN, qui reste un parti raciste, antisémite et nostalgique du 3ème Reich, mais un changement de tactique et de génération. C’est aussi la volonté de cadres du Front National d’accéder enfin à certaines responsabilités (et aux privilèges qui y sont liés) grâce à une alliance avec l’UMP ou au moins une partie de l’UMP. Ce scénario qui fait rêver des cadres du FN, c’est celui de l’Italie, où là aussi aux lendemains de 1945 il existait une sorte de consensus de la résistance antifasciste des Chrétiens-Démocrates au Parti Communiste, où des anciens du MSI néo-fasciste se sont retrouvés aux affaires en compagnie du maffieux réactionnaire Berlusconi. C’est la même politique en Autriche qui a permis un gouvernement de coalition entre le FPÖ et l’ÖVP, ou la participation du LAOS (extrême-droite) à une coalition gouvernementale avec la Nouvelle-Démocratie (droite) et même le PASOK (social-démocrate) en Grèce.

Aucun de ces trois pays, par la simple présence de ministre d’extrême-droite, n’est devenu fasciste. Le mouvement ouvrier continue d’y avoir le droit de s’organiser et le fonctionnement de l’État reste celui de démocraties parlementaires. Par contre, cela a permis, non seulement de continuer les politiques d’austérité qui sont à l’œuvre dans tous les pays capitalistes, mais de renforcer à la fois les politiques et les idéologies réactionnaires, en particulier le racisme. Encore que, sans intégrer le FN à son gouvernement, les cinq années du régime de Sarkozy aient joué aussi ce rôle de développement tant des idéologies que des politiques les plus nationalistes et xénophobes.

Mais si le FN par la voix de Marine Le Pen cherche à se montrer respectable, si le Bloc Identitaire aussi essaye de faire oublier ses origines ouvertement néo-nazies, l’extrême-droite, y compris le FN, joue aussi sur la posture populaire, parfois même « ouvriériste », et « anti-système ». A la différence de la droite conservatrice classique, le FN aime se présenter (et les médias l’aident à diffuser ce mensonge) comme un « parti ouvrier », ce qu’il n’a jamais été et ne sera jamais. Pour l’instant, toutes les tentatives du FN, que ce soit hier en tendant de créer des « syndicats FN », ou plus récemment en tentant de noyauter des organisations syndicales, se sont soldées par de lamentables échecs. Si le FN parvient à capter un électorat populaire et même ouvrier, il n’arrive pas à organiser les travailleurs.

Et comme on l’a vu, historiquement, le fascisme a toujours tenté d’avoir un discours « anti-système » et d’attirer vers lui des gens venus plutôt de la gauche. La deuxième grande opposition que l’on trouve au sein de l’extrême-droite, c’est d’un côté des groupes et courants qui axent essentiellement leur racisme contre les Arabes et de l’autre un courant dont le fond de commerce principal est l’antisémitisme. Des mouvements comme le Bloc Identitaire ou même l’actuelle direction du FN sont près à faire les yeux doux à des mouvements de l’extrême-droite sioniste, comme la LDJ, pour s’en prendre aux Arabes. Leur fond de commerce est la dénonciation d’une soi-disant « islamisation de la France », tentant même de se faire passer pour des laïques ou des défenseurs des droits des femmes pour tenter d’attirer vers eux des sympathisants de gauche. C’est ainsi que des membres du groupe raciste Riposte Laïque  ont pu se faire inviter sur Radio Libertaire, la radio de la Fédération Anarchiste. Bien entendu, le naturel revenant au galop, le « laïcisme » et le « féminisme » d’un groupe comme « Riposte Laïque » ne les a pas empêchés de se complaire avec les pires homophobes religieux pour dénoncer le mariage pour tous. A l’inverse, les groupes dont le fond de commerce principal reste l’antisémitisme, comme par exemple le Parti Anti-Sioniste du présentateur raté Soral et de l’humoriste sans humour Dieudonné, sont prêts à unir sous leur bannière antisémite tant des nostalgiques du nazisme comme le négationniste Faurisson ou le groupuscule la Droite Socialiste que cette officine du régime islamique d’Iran en France qu’est le Centre Zahra.

mpep-cercledesvolontaires2

mpep-cercledesvolontaires

Quand le Mpep de Jacques Nikonoff ouvrait l’une de ses réunions en les faisant filmer par des « activistes » du site  nationaliste et d’extrême droite le Cercle Des Volontaires

Tout comme les hitlériens se revendiquaient nationaux-socialistes, l’extrême-droite aime entretenir pour son discours « anti-système » la confusion, c’est le fameux « Je suis socialement de gauche, économiquement à droite, nationalement Français » de Jean-Marie Le Pen, la « Gauche du travail, droite des valeurs » de Soral, bref finalement la troisième voie d’Ayoub. Et, force est de constater qu’il existe tout un courant de la gauche nationaliste et/ou de la gauche anti-impérialiste qui est prêt à jouer dans des marais confusionnistes créés par des cadres de l’extrême-droite. Étienne Chouard peut vanter les « travaux » de Soral ou de Meyssan, ce qui n’empêche pas des organisations classées à gauche, comme Attac, de l’inviter. Le MPEP a pu appeler à manifester suite au meurtre de Clément Méric, bien que son fondateur, Jacques Nikonoff, ait donné une conférence le 5 juillet 2011 pour le Cercle Aristode, cercle habitué du fameux Local de Serge Ayoub, le leader des JNR qui ont assassiné Clément.

-Le danger de l’extrême-droite aujourd’hui

A ce jour, on assiste à de multiples agressions racistes, à des violences de la part de néo-nazis, mais l’extrême-droite ne parvient pas encore à s’en prendre directement au mouvement ouvrier organisé. Il n’y a donc pas, à proprement parler, un parti fasciste avec ses bandes organisées, mais le terreau pour la création d’un tel parti, lui, est bel et bien présent. Le FN, à ce jour, est et reste un parti essentiellement électoral, contrairement à ce qu’ont pu être le NSDAP ou le Parti Fasciste. Et les groupuscules de brutes d’extrême-droite comme les JNR représentent bien un danger physique, mais pas encore un danger politique.

Par contre, tous les éléments sont présents pour que puisse rapidement être créé un parti de type fasciste. Les mouvements de masse en Turquie ou au Brésil ont montré que la colère contre ce monde existe, et rien ne dit que nous n’assisterons pas d’ici peu à des révoltes similaires en France. Si nous ne sommes pas dans la situation de l’Allemagne de 1932 où la bourgeoisie avait senti de près la menace de l’expropriation, elle peut très bien avoir besoin de briser le dos à un mouvement ouvrier qui ferait exploser sa colère face à une des mesures d’austérité qu’elle va imposer. Il convient de se rappeler que les choses peuvent se précipiter. En Italie, il n’a fallu que trois années pour aller de la formation du parti fasciste (1919) à sa prise du pouvoir (1922), et cinq années pour que le NSDAP passe de petit parti marginal en 1928 à parti au pouvoir en 1933. C’est dire si, en particulier dans les périodes de crise, les mois peuvent se transformer en années. De plus, en Allemagne, ce n’est pas tant le mouvement ouvrier que la crise du capitalisme elle-même qui a acculé la bourgeoisie à faire appel à cette bande de soudards qu’étaient les nazis. Un argument optimiste que l’on peut entendre dans des milieux de gauche et d’extrême-gauche, c’est qu’à part peut-être un ministère secondaire, la bourgeoisie ne permettra jamais au FN ou d’autres courants de l’extrême-droite néo-fasciste de se saisir du pouvoir à cause de son programme de sortie de l’euro. Notons tout d’abord que ce ne serait pas la première fois qu’un parti, une fois arrivé au pouvoir, n’applique pas son programme électorale. Mais surtout, avec l’aggravation de la crise, rien ne dit que des bourgeoisies nationales européennes, ou plutôt des fractions de ces bourgeoisies, ne fasse pas le choix du protectionnisme économique et d’un retour au franc ou à une autre monnaie nationale. Les pays comme la Grande-Bretagne, la Suède ou le Danemark qui ont conservé leurs monnaies nationales ne sont pas moins capitalistes que l’Allemagne, la France ou l’Espagne et n’ont pas non plus mené des politiques moins agressives contre la classe ouvrière. Et, il y a peu, des voix se sont exprimées à propos d’une possible sortie de la Grèce de l’euro, voix pas forcément marginales au sein de la bourgeoisie européenne comme celle de Jean-Claude Juncker, alors premier ministre du Luxembourg et président permanent de l’Eurogroupe (forum des ministres des Finances de la zone euro). Si la sortie de l’euro n’est pas aujourd’hui l’option retenue par la majorité de la bourgeoisie française, elle pourrait le devenir en cas d’aggravation de la crise. La question franc ou euro surtout, contrairement à ce que laisse penser des nationalistes de gauche, n’est pas une question de classe. Le retour au franc ne signifierait en rien un retour à notre pouvoir d’achat d’avant 2002. Galérer en franc ou en euro, c’est toujours galérer.

Au-delà de ces menaces à moyen terme que peuvent être la création d’un véritable parti fasciste ou la prise du pouvoir, seule ou dans le cadre d’une coalition, de l’extrême-droite, il y a les dangers immédiats. Risque physique tout d’abord pour tout militant se réclamant du mouvement ouvrier et opposé à l’extrême-droite et pour toute personne qui n’entre pas dans la vision raciste et homophobe face à la multiplication des agressions néo-nazies. Poison également du racisme qui se répand dans la société, fragilise toute une fraction de la classe ouvrière (sans-papiers, Rroms et plus largement travailleurs immigrés) et divise notre classe sociale. Enfin le développement d’un confusionnisme et l’apparition de passerelles, pas nouvelles mais de plus en plus banalisées, entre une contestation qui se veut anti-capitaliste et progressiste et les éléments réactionnaires de l’extrême-droite.
Quelques axes d’intervention communiste

Face tant aux dangers immédiats qu’à terme du développement d’une extrême-droite et d’idéologies réactionnaires formant un terreau favorable à l’émergence d’un parti fasciste, il appartient aux communistes de proposer des axes de lutte :

-Face au racisme et autres idéologie de division de notre classe : Travailler sans cesse à l’unité de notre classe, rappeler que face aux patrons, l’union fait la force. Plus que jamais, français ou immigrés, avec ou sans-papiers, rroms ou gadjés, juifs ou goys, homos ou hétéros, nous subissons les mêmes attaques contre nos droits collectifs, la même dégradation de nos conditions de travail, les mêmes licenciements, le même chômage et les mêmes politiques d’austérité. Nous ne pourrons arracher une vie meilleure qu’en étant unis et en refusant toutes les divisions racistes, toutes les discriminations à l’encontre de camarades sous prétexte de leur origine, nationalité, couleur de peau, sexe ou orientation sexuelle.

-Face aux agressions de néo-nazies : travailler à l’unité la plus large, lorsqu’un antifasciste est agressé, qu’importe son appartenance politique, c’est chacun d’entre nous qui est attaqué. En cas de menaces d’agressions physique, favoriser l’auto-défense la plus unitaire possible. Même chose pour les agressions à caractère raciste, antisémite ou homophobe, à chaque agression c’est nous tous et toutes qui n’entrons pas dans la vision du monde étriqué des néo-fascistes qui sommes attaqués.

-Face au confusionnisme qui finit par servir la soupe à l’extrême-droite, continuer le travail de clarification politique. Il est à ce propos important de bien défendre, non pas un vague « anti-capitalisme », mais les principes et le programme du socialisme prolétarien. Pour prendre un simple exemple, l’extrême-droite, quand elle tient des discours anti-capitalistes, oppose toujours ce qui serait un « bon capitalisme national et productif » à ce qui serait un « mauvais capital financier mondial ». Or, on ne peut diviser le système capitaliste entre « capital industriel » et « capital financier », l’un et l’autre sont liés pour former un tout. Le capital financier est indispensable au capital industriel, et le capital financier ne saurait exister sans un capital industriel. Or, il arrive dans des milieux de gauche que la même distinction soit faite, il faut aussi se débarrasser de toute complaisance à l’égard du nationalisme et de ses thèses ou conclusions.

-Ne pas se limiter à l’antifascisme et critiquer les limites de l’antifascisme : Oui, on a raison de se révolter face aux discours réactionnaires et de haine de l’extrême-droite, mais en rester aux formules « anti » c’est se résoudre à la défaite. Dans un contexte de crise, de chômage de masse, de dégradation des conditions de vie de la majorité de la population, se contenter d’opposer l’antifascisme au fascisme s’est se préparer à la défaite. C’est bien des réponses, et donc un programme, que les révolutionnaires doivent opposer aux réactionnaires, et aussi une structure, des femmes et des hommes qui défendent ce programme et ces principes, bref un parti.

Camille Boudjak

Voir aussi sur:
http://www.communisme-ouvrier.info/?Face-a-l-extreme-droite-et-au

Soliranparis contact nomore@riseup.net

Cet article, publié dans Prison Iranienne, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s