Témoignage du mari de la prisonnière politique Nasrin Sotoudeh qui est depuis deux ans derrière les barreaux sans possibilités de sorties en liberté conditionnelle

Témoignage du mari de  la prisonnière politique Nasrin Sotoudeh qui est depuis deux ans derrière les barreaux sans possibilités de sorties en liberté conditionnelle.

4-5  Septembre 2012 nouvelles parvenues via le site Persian2English: Le 4 septembre marquait l’anniversaire des deux ans d’emprisonnement de Nasrin Sotoudeh, une avocate et éminente militante défenseuse des droits humains. On a également refusé à Nasrin toutes ses demandes de permission de sortie provisoire en conditionnelles depuis son arrestation et elle a  été privée de tous contacts réels avec ses deux jeunes enfants. Nasrin est condamnée à six ans de prison et on lui a aussi  interdit d’exercer sa profession d’avocate pendant dix ans à la fin de sa peine.

Reza Khandan le mari de Nasrin Sotoudeh avec leur fille Mehraveh a gauche et leur fils Nima à droite sur la photo

Dans une note publiée dans la journée du  3 septembre2012 sur la page Facebook dédiée à son épouse, le mari de Nasrin, M Reza Khandan a décrit son arrestation. Ce qui suit est une traduction en anglais de sa note:

C’était samedi 4 Septembre 2010. Nasrin m’avait quittée tôt le matin pour le suivi de certains clients et de certains cas judiciaires dont elle s’occupait. Elle est revenue vers 10 heures. Nous sommes allés à la salle d’audience ce jour-là avec son avocate, Mme Ghanavi, mais nous nous n’étions pas vraiment préparés pour l’arrestation de Nasrin. Dans la chaleur torride de cette journée  y avait une grande foule rassemblée devant le tribunal, rendant l’entrée dans le bâtiment très difficile d’accès. Nasrin avait informé un garde qu’elle avait été convoquée. « Ils m’ont appelée. S’ils ne peuvent pas faciliter mon entrée dans le bâtiment, puis je rentrer à la maison. Ou alors Ils peuvent m’envoyer une voiture pour venir me chercher « , m’avait-elle  dit. Le gardien avait finalement ouvert la voie et Nasrin avait traversé la foule pour entrer dans la cour de la prison. Elle n’a pas eue la chance de pouvoir me dire au revoir. Elle a pensé qu’elle reviendrait dans l’heure. Elle n’a même pas pu non plus avoir la chance de dire au revoir aux enfants.

Reza Khandan avec  Nasrin Sotoudeh avant son jugement

J’avais été un peu plus pessimiste qu’elle. J’avais  envisagé la possibilité qu’ils allaient la garder en prison et en cellule d’isolement  pour s’assurer que les pressions qu’ils lui avaient déjà fait subir que  la crainte d’une nouvelle détention. Et  le fait qu’elle puisse à cause de cela se retrouver loin de ses enfants la forcerait à quitter le pays.  Quelques minutes plus tard, son avocate Mme Ghanavia quitté la cour et nous a informés qu’elle n’avait pas le droit d’être présente pendant la période des questions du juge. Nous l’avons quittée peu de temps après mais elle est revenue plus tard avec l’espoir qu’elle aurait pu être libérée d’ici là.

A  14h30, nous étions sous le pont  Yadegar-e Imam de Téhéran. Je suis tombé sur le père de l’un des clients de Nasrin. Il nous a dit: « J’ai essayé beaucoup de choses mais je n’ai pas pu parvenir à avoir Mme Sotoudeh au téléphone. Je pensais que peut-être qu’il serait mieux de venir ici pour te voir ». Il était conscient que Nasrin avait été convoquée et qu’elle risquait de finir en prison. Il s’était caché derrière une colonne, dans l’espoir de se montrer à nous en cachette, pour d’obtenir ainsi des nouvelles  de Nasrin.

Il était environ 15 heures 30 quand Mehraveh notre fille m’a appelé  elle était très anxieuse et elle m’a dit : « Papa, un homme grossier a  appelé la maison et m’a dit d’un ton condescendant, de  passer le téléphone à mon frère aîné. Son numéro de téléphone ne s’était pas affiché. Comme j’étais seule, je lui ai raccroché au nez et j’ai  débranché  le téléphone, de sorte qu’il puisse être  incapable de nous ennuyer de nouveau. Je vous appelle à partir de mon téléphone portable et je suis très inquiète ».

Après  l’appel de ma fille je suis très vite rentré chez  moi. Nous sommes allés ensemble chercher notre fils Nimaà la garderie. Quand nous étions près de la maison, Nima nous a demandé où était sa mère. Je lui ai dit que maman ne serait pas la maison ce soir, qu’elle avait disparue quelque part.  Il n’était pas rare mère soit absente une nuit  par semaine à cause de son travail d’avocate. Mais ce jour la pour Mima, la pensée que sa mère puisse ne pas être là une deuxième nuit était terrifiant.

Ce soir du 3 septembre 2012, deux ans ont passés depuis  l’arrestation de Nasrin, sa fille Mehravehet son fils Nima ont été privés de la présence de leur mère pendant 740 nuits consécutives, et non pas seulement  pendant deux nuits comme je vous l’écrivais plus haut. Malgré tous les problèmes, les enfants ont plus ou moins  pris conscience et ont pus se réconcilier avec ces faits. Il s’agit de la force de la résilience qu’ont  tous les  êtres humains, pour ignorer les semeurs de haine, comme ceux qui privent mon épouseNasrin  de ses enfants et de sa liberté.

Une fois, alors nous étions de retour à la maison après une visite avec Nasrin à la prison d’Evin, Mehraveh m’avait  dit: « Papa  les agentes féminines qui  nous amènent maman dans la salle des visites sont très gentilles. Aujourd’hui à la fin de notre visite, quand Nima a dit au revoir à maman, l’une de ces  agentes féminines se tenait dans un coin en essuyant ses larmes » – Dans le quartier des femmes de la prison d’Evin ce sont des gardiennes qui surveillent les prisonniéres-Ndlr.

Reza Khandanmil

Téhéran septembre 2012.

Voir aussi sur:
http://persian2english.com/?p=24166
et sur:
Letter from Prison : Explains to her children why she can’t see them
Denied prison visits, wins more international awards
Wins Top PEN Prize
More Posts
-Notes du traducteur du site Persian2English.
-Dadsara – est l’endroit où les magistrats et les procureurs d’Evin, procèdent  à leurs enquêtes préliminaires et à leurs collecte de « preuves », c’est aussi  ici que  les dossiers  des avocats sont consultés, la plupart de ces consultations ont lieues ici devant la porte de la prison  d’Evin  voir sur le plan cliquable ci dessus.
Pour demander la libération de Nasrin vous pouvez visiter cette page.
http://www.amnesty.ca/iwriteforjustice/take_action.php?actionid=913&type=Internal
Voir aussi sur
http://www.facebook.com/NasrinSotoudeh

Soliranparis contact nomore@riseup.net

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