Le juge Salavati, figure de la terreur politique

Le juge Salavati, figure de la terreur politique

Le juge Salavati

-Le juge Salavati surnommé le « juge de la mort » par les prisonniers politiques Iraniens, c’est avec Ahmad Reza Radan l’ex directeur de la sinistre prison de Karhrizak, devenu depuis le chef numéro deux, de la police anti émeutes Iranienne, l’une des personalités les plus brutales de la dictature de Khamenei et Ahmadinejad.

Article du blog de la journaliste Iranienne Parysa Keyhani que nous relayons ici:

Les dossiers de nombreux membres de l’opposition sont passés entre les mains du juge Abdolqassem Salavati. Ceux de journalistes, de bloggeurs et d’étudiants contestataires également.

Aux peines sévères s’ajoute la mise en scène de la justice. Les accusés jugés par Salavati sont  souvent poussés à des aveux télévisés ou subissent des audiences publiques avec la presse officielle.

Président de la Quinzième Chambre du Tribunal révolutionnaire de Téhéran, une des instances traitant les menaces à la République islamique, Salavati juge des affaires politiques. Les accusés peuvent se voir reprocher le crime de moharebeh (le fait de « se battre contre Dieu »), ce qui implique leur condamnation à mort.

-La répression de 2009.

La renommée du juge repose sur le nombre de peines de mort qu’il a prononcées en se fondant sur des chefs d’inculpation obscurs, notamment suite aux élections contestées de 2009.

Le 2 janvier 2011, il condamnait la citoyenne irano-hollandaise Zahra Bahrami à la peine de mort pour trafic de stupéfiants. Exécutée quelques semaines plus tard, cette femme avait pourtant été arrêtée en décembre 2009 pour avoir participé à une manifestation contre le gouvernement, le jour de l’Ashoura (journée de commémoration religieuse).

Un an plus tôt, Arash Rahmanipour et Mohammad Reza Ali Zamani étaient exécutés, accusés de projets terroristes au sein du groupuscule royaliste «Anjomane-padeshahi». Jugés dans les procès collectifs de 2009, ils ont pourtant été arrêtés en 2008, c’est à dire avant les troubles électoraux.

D’autres manifestants de l’Ashoura en 2009 ont été menacés de peine de mort. Certains comme Abdol Reza Ghanbari, mis en lien avec l’organisation interdite des « Moujahidines du peuple », ont vu leur peine confirmée.

-La lutte contre les complots étrangers

-Salavati prétend combattre les organisations terroristes et l’ingérence étrangère dans le pays. Récemment, le juge Salavaticondamné le citoyen irano-américain Mirza Hekmati à la peine de mort, le lundi 9 janvier 2012. Le jeune homme de 28 ans a été accusé de « coopération avec une nation ennemie (les Etats-Unis) », d’« appartenance à la CIA » et de « projet visant à rattacher l’Iran au terrorisme”. Le verdict a été prononcé après la diffusion, par la télévision nationale, des ses aveux, puis de son procès. Voir la vidéo sur:

Combattant les complots soutenus par l’Occident, le juge Salavati a également jugé les trois ressortissants américains, arrêtés en juillet 2009 pour espionnage. La jeune femme Sarah Shourd a été libérée en septembre 2010 tandis que les deux hommes, Shane Bauer et Joshua Fattal, ont pu quitter l’Iran un an plus tard. A leur libération, ils ont raconté avoir été arrêtés par des militaires iraniens alors qu’ils faisaient de la randonnée dans le Kurdistan irakien, à proximité de la frontière. Selon eux, l’issue de leur procès a toujours été liée à l’état des différends diplomatiques entre l’Iran et les Etats-Unis.

Durant la campagne de démantèlement des réseaux internet que mènent actuellement les autorités iraniennes, plusieurs bloggeurs ont été condamnés à la peine de mort en janvier 2012, dont le jeune iranien Vahid Asghari jugé par Salavati. Cet étudiant en technologies de l’information en Inde a été accusé de développer des sites obscènes qui encouragent la “perversion” de la jeunesse iranienne et d’avoir participé à un complot soutenu par Israël et les Etas-Unis.

En janvier 2009, le magistrat a condamné à la prison des membres d’un programme de lutte contre le sida, accusés de « complot » pour le compte des Etats-Unis. Parmi eux, deux médecins, les frères Alayi, qui se sont vu reprocher leur participation à un séminaire sur la santé publique aux Etats-Unis.

-La montée au pouvoir de Salavati

Le parcours du juge Salavati est obscur, sa vie privée comme ses études universitaires restent inconnues. Il s‘est fait remarquer en décembre 2006, lorsqu’il a condamné à mort les présumés responsables de l’assassinat d’Hassan Ahmadi Moghadas, adjoint du procureur de Téhéran et juge au Tribunal révolutionnaire de Téhéran.

Le juge Salavati a lui même pris ses fonctions dans ce tribunal en juillet 2009, en pleine réorganisation de l’institution judiciaire. Sa nomination aurait été soutenue par l’ancien ministre des renseignements, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, un homme proche du Guide, alors tout juste devenu Procureur général du pays.

-Face à tant d’impunité…

Les organisations de défense des droits ciblent cette justice de la terreur et attirent l’attention des organisations internationales. Le juge Salavati, tout comme le procureur général et le chef du système judiciaire, l’Ayatollah Sadegh Larijani, fait partie des 32 membres du gouvernement iranien sanctionnés par l’Union européenne pour violation des droits de l’Homme.

Voir aussi sur:
Le blog de la journaliste Iranienne  Parysa Keyhani
http://keyhani.blog.lemonde.fr/

Soliranparis contact nomore@riseup.net

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