Iran le corps des femmes est toujours l’objet de disputes

Iran le corps des femmes est toujours l’objet de disputes

Goshifteh Farahani

Article d’une journaliste et militante féministe Iranienne que nous relayons ici  publié le 19 janvier sur le site féministe Violence is not Our culture

L’actrice iranienne Goshifteh Farahani a récemment posée nue dans un court métrage français aux côtés de quelques artistes français. Dans  un film de court métrage, titré « Corps et Âmes » (Body and Soul), les acteurs-trices ont dit s’êtres déshabillé-es, en le faisant  comme un symbole d’émancipation face aux restrictions sociales. Des captures d’écran du film avaient également été publiées sur le site Internet dans lequel Golshifteh posait topless, avec ses mains couvrant ses seins. La photo a été enlevée un jour seulement après avoir postée, il est probable que l’assaut des réactions négatives aient contraint le site, à repenser sa décision initiale. Cependant, la photo est toujours disponible sur le site suivant ici.

-Goshifteh Farahani  est née en 1983 à Téhéran. Elle a commencé à étudier et à jouer du piano alors qu’elle n’avait que cinq ans. Quand elle a eu 12 ans, ellea été admise au Conservatoire de Vienne . Ses débuts dans  le cinéma et la comédie ont commencés pour elle à l’âge de 14 ans, quand elle a joué dans Derakht-e-Golabi (Pear Tree), ce qui lui avait valut le Simurgh cristal, le prix du film le plus prestigieux en Iran. Plus tard, elle est devenue la première jeune actrice iranienne, à jouer dans un film américain. Body of Lies, où elle avait  joué Aïcha, aux côtés de Leonardo Di Caprio.

-Goshifteh Farahani  a quitté l’Iran en 2007. Après qu’elle soit apparue dévoilée lors de différents festivals de cinéma, Aussitôt les menaces et le harcèlement du gouvernement contre elle avaient augmentées. Mais sur ce front intérieur, elle s’était déjà retrouvée peu à peu en rupture avec les tabous de la société Iranienne, elle l’a été définitivement quand elle prit cette décision sans précédent  d’être la première actrice qui bien que née et ayant grandie en Iran, ai  décidée d’exposer son corps nu devant les caméras.

Ce n’est pas une surprise si les réactions Iran contre ce film aient étés très partagées et parfois violentes. Des commentaires sur Face book et dans la blogosphère, ont parlés de répulsion au nom de la pudeur des femmes et de la chasteté, certains autres commentaire par contre ont étés teintés d’approbations au nom de la modernité, du progrès et du droit des femmes à contrôler et faire ce qu’elles veulent de leurs corps. L’une des réactions parmi  les plus violentes a été celle de  l’agence de presse iranienne semi-officielle Fars News  qui est allée jusqu’à appeler le rôle que  Goshifteh  avait joué d’être « une tentative éhontée de corruption, venant d’une actrice dont le destin n’est rien de plus celui de l’immoralité incarnée ».

Beaucoup l’ont comparé à la jeune bloggeuse Egyptienne Al-Mahdy Ali’a, qui avait posté des photos nues d’elle sur son blog il y a quelques mois déclenchant une vive controverse. Comme Al-Mahdy Ali’a, l’action de Golshifteh  a été comparé à une manifestation spontanée venant d’un mouvement, qui répondait à des restrictions contre la censure du corps des femmes, dans les sociétés musulmanes.

Même des politiciens iraniens réputés « réformistes » , comme une de ces personnalités politiques iranienne associées au « mouvement vert » qui s’était opposé a la réélection contestée d’Ahmadinejad , comme Ahmad Pournejati, a fustigé le rôle joué dans ce court métrage par  Goshifteh Farahani   en déclarant  « notre pays n’a que faire petites actrices de  insignifiantes … qui n’appartiennent pas à  l’opposition ni au  mouvement vert »

Certains n’ont pas hésités a considérer l’action radicale de Goshifteh Farahani   comme pouvant  compromettre, le mouvement de paix lancée par l’opposition iranienne, qui a commencé en Juin 2009 – un mouvement qui à subi une répression sévère par le gouvernement iranien. Au cours des deux dernières années, alors que d’autres disent que celui ci n’a pas organisé de manifestation publique importante depuis quelques mois.

Ce n’est pas la première fois que le sujet du corps des femmes, est devenue une question très controversée parmi les Iraniens.
Je crois que ces différends sont enracinés dans l’émergence des  discours modernistes qui sont apparues au début du 19ème siècle, quand les nationalistes-modernistes iraniens avaient préconisé  des mesures qu’ils jugeaient « progressistes ». Ils croyaient  à tort ou à raison que l »une des conditions préalables pour un Iran moderne était « d’émanciper » les femmes musulmanes iraniennes, en les libérant de leurs voiles.

Le résultat le plus important de ces débats a été l’état de projets de modernisation du  20ème siècle dirigée par Reza Shah Pahlavi et son fils Mohammad Reza Shah. Durant cette période, le corps des femmes a occupé une place centrale dans les sujets de société. En 1934, Reza Shah avait ordonné le dévoilement obligatoire et 45 ans plus tard, l’ayatollah Khomeiny est revenu sur le devant de la scène  par l’application du retour voile obligatoire.

Cependant, aucun d’entre eux ne s’est jamais demandé ce que pensaient les femmes  ni s’est soucié des opinions des femmes Iraniennes. Le dévoilement obligatoire avait entraîné de nombreuses femmes iraniennes a êtres obligées de rester à l’intérieur de leurs maisons, parce qu’une majorité de  leurs maris ou de leurs compagnons,qui étaient restés très conservateurs, ne voulaient pas les autoriser à sortir dévoilées.

Un des contre-discours qui a émergé en Iran dans les années 1970, en opposition au projet de modernisation du Shah qui avaient pourtant étés  accompagnés par une suppression des serveurs et relais politiques démocratiques, a favorisé par réaction la diffusion d’un discours islamiste qui a identifié la liberté sexuelle des femmes comme un moyen de l’impérialisme occidental, destiné à corrompre la société iranienne. Par exemple Ali Shari’at, l’un des théoriciens de la révolution islamiste 1979 préconisait le port du voile comme un symbole de résistance  qui contribuerait à l’émergence d’un mouvement anti-impérialiste pour les femmes musulmanes.

L’actuel gouvernement islamique a fait de la modestie et de la chasteté obligatoire des femmes son fondement moral. En s’efforçant de le poursuivre par divers outils d’application de sa politique, lorsque par exemple qu’il organise des festivals et des célébrations du Hejab parrainée par l’État. Après 35 ans de règne sans partage le gouvernement iranien, a pourtant encore du mal à institutionnaliser la notion du port obligatoire du  Hejab dans la société. Pour cela le « Mauvais-hejabi » (ou  port « négligé du hejab) qui et le nom que lui a donné le gouvernement Iranien, est devenu si répandu dans la société, que maintenant celui ci a pris une place centrale et est devenu  une des obsessions principales de la classe politique Iranienne. C’est pourquoi certains chercheurs et militants Iraniens ont considérés ce » Mauvais-hejabi «  comme une  forme de désobéissance civile promulguée par les femmes iraniennes pour manifester leur opposition au harcèlement d’Etat au quotidien sur cette question.

Les photos nues de Golshifteh Farahani ont émergées au moment où la jeunesse iranienne est devenue le vecteur de la transformation du langage politique et social de son pays, cette jeunesse est en train de se  libérer de tout les discours imposés par l’Etat Iranien envers la  présence des femmes dans sa conception de « l’espace public », c’est pour cela que ces images de Goshifteh doivent être observées à la lumière de ce contexte.

Ces images peuvent être encore vues comme une autre fissure dans les 30 ans du discours islamique et gouvernement iranien concernant le corps des femmes. Et comme une fissure dans cet État qui  impose un contrôle quotidien contre celles ci. Comme beaucoup d’entre nous qui nous sommes soulevées dans cette époque de l’après-Révolution, Golshifteh  aurait du être selon les règles de l’état et du gouvernement islamique « l’ambassadrice » de la pudeur.

Nous, en tant de jeunes femmes iraniennes, a qui ce  gouvernement  a enseigné d’êtres des femmes pieuses set voilées qui représentent l’identité de notre Etat aux yeux du monde. Nous sommes comme beaucoup de ses compatriotes et nous disons que si Golshifteh a  refusé de se faire l’ambassadrice de celui ci. C’est qu’elle préférait ne pas être la représentante de l’idéologie dominante de cet État. Apparemment si beaucoup en Iran  n’approuvent pas les actions de Golshifteh. En réponse je me demande si je ne m’émerveille pas de cette affaire et de ce qu’elle à fait.

Leila Mouri

Voir aussi sur:
http://www.violenceisnotourculture.org/News-and-Views/iran-womens-bodies-are-still-subject-dispute
http://www.iranian.com/main/2012/jan/golshifteh-farahani-poses-nude
Suivez  Leila Mouri sur Twitter:
http://www.twitter.com/femiran

Soliranparis contact nomore@riseup.net

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