Témoignage de la femme du journaliste Iranien emprisonné Siyamak Ghaderi sur ses conditions de détention

Témoignage de la femme du journaliste Iranien emprisonné  Siyamak Ghaderi  sur ses conditions de détention.

Siyamak Ghaderi

Quand j’ai parlé des tortures ils ont ris de moi. Témoignage recueilli par le site du journal réformateur  Iranien Kaleme.

Le Journaliste Siyamak Ghaderi  qui à travaillé et s’est fait licencié de l’agence IRNA[1] pour « critique du régime«   est incarcéré dans la prison d’Evin depuis plus d’un an et demi  sans permission de sortie ni possibilités de libération provisoire ou conditionnelle. Il a été arrêté en août 2009 et jugé et condamné par  branche 28 du « Tribunal révolutionnaire », présidée par le juge Moghiseh. Le journaliste Iranien  Siyamak Ghaderi  a été condamné pour des accusations de  « propagande contre le régime »  et pour « Editions de propos illégaux en vue de répandre des mensonges », et  » troubles à l’ordre public ».

L’une des principales accusations portée contre  Siyamak Ghaderi  a été d’avoir  écrit sur son blog  Ma Irnaye  (notre IRNA), où il a critiqué les officiels à l’agence de nouvelles IRNA (et des fonctionnaires  étatiques de cette agence de nouvelles iranienne Ndr). Il a également écrit  d’autres  au sujet du Mouvement Vert « réformateur »  et  ses dirigeants . Des articles qui ont fortement déplus  aux directeurs de l’Irna dont certains sont  des proches de l’entourage politique du dictateur Ahmadinejad.

Sa femme Farzaneh Mirvand à  accordé récemment une interview  au journal réformateur  Kaleme sur les  dernières nouvelles de la situation  que vit son mari emprisonné  Siyamak Ghaderi  et des problèmes qu’elle doit affronter en tant qu’épouse et femme de prisonnier politique , elle est également revenue sur  le fait d’élever seule leur enfant,  sans son époux qui est en prison loin des siens. Farzaneh Mirvand a également souligné que son mari avait été violement torturé dans la section 209 de la prison d’Evin, mais les autorités n’ont prêtées aucune attention  aux plaintes qu’elle a déposées jusque devant le « conseiller aux droit de l’homme en iran » qui n’est autre qu’un des trois fréres Larijani. [2]

INTERVIEW:

Kaleme: Parlez-nous de l’état physique et mental de votre mari.
Farzaneh Mirvand: Dieu merci, il va bien maintenant. Il me manque je voudrais  juste qu’il puisse être  à la maison avec sa famille.

Kaleme: Parlez-nous de l’époque où il était dans la section 209. Apparemment vous n’avez pas eu des nouvelles de lui pendant  une longue période de temps?
Farzaneh Mirvand:  Je vous ferait la même réflexion  sur tout  ce qui c’est passé pendant  les jours ou mon mari  était dans la section 209 c’est très difficile pour moi d’en parler. Il a été détenu en isolement cellulaire pendant 34 jours  où il a subit des  interrogatoires très durs. Il avait les yeux bandés, ils l’ont  battu avec un bâton, et menacé dans le but de lui faire faire de faux aveux. Pendant une de ses séances d’interrogatoire, un interrogateur a  giflé si violemment son visage que fauteuil  ou il était assis a été renversée sur le sol. Mon mari souffre toujours depuis d’une blessure au cou  qu’ils lui ont faites l’automne dernier pendant cet interrogatoire.

Kaleme: Avez-vous déposé une plainte auprès des autorités judiciaires au sujet de cet incident?
Farzaneh Mirvand: Oui, à propos de ces pressions et d’autres violations. Je suis allé à tous les endroits ou  j’ai pu et  j’ai raconté  aux autorités ce qu’ils lui on fait, ils ne m’ont jamais répondus  ils ont juste ri de moi quand je leur ai dit que mon époux avait été torturé. Même lors de son procès, mon mari avait tout  dit au  juge au sujet de la torture qu’il avait subie. Mais ce juge sans faire attention aux remarques de mon mari, a émis un verdict fondé sur de faux aveux  qu’on a extorqué à mon mari. J’ai même écrit au Conseil islamique des droits de l’homme, les informant sur le cas des  tortures qu’ils ont faites à mon mari, mais la seule réponse que j’ai reçue d’eux  à été qu’ils avaient bien reçue  la lettre et que  ma demande a  bien été enregistrée. Mon mari était dans la section 209  d’Evin pendant neuf mois plusieurs fois  ses interrogateurs  lui on dit que s’il ne leur faisait  pas de faux aveux, ils  feraient tout pour  le transférer dans la section 350 de la prison d’Evin. (L’une des sections les plus dure de cette prison ou sont parqués les prisonniers politiques dans des cellules d’isolement Ndr)

Kaleme: Comme la plupart des prisonniers politiques et des journalistes détenus, les charges retenues par le procureur  principal M. Ghaderi étaient celles de « propagande contre le régime ». Est-ce la raison pour laquelle ils l’ont licencié de l’IRNA?
Farzaneh Mirvand: Oui, ils l’ont congédié de son poste alors  qu’il avait signée un contrat  pour 18 ans avec eux , tandis que son affaire était toujours en cour devant les tribunaux. Toutefois, est-il qu’étant donné le fait que le plaintif dans ce cas est M. Javanfekr (un des rédacteurs en chef de l’IRNA Ndr), qui est aussi l’un des principaux conseillers de M. Ahmadinejad, l’action en justice  n’était donc  pas très surprenante.

Kaleme:  Est ce que la peine de votre mari a finalement  été confirmée? Dans vos entretiens précédents, vous avez dit que votre mari est incarcéré sans verdict final et qu’il  est emprisonné sans être vraiment officiellement  condamné.

Farzaneh Mirvand: Oui, il ya deux semaines, la Cour d’appel  a confirmée sa peine de prison de quatre ans et mon mari a été informé du verdict. Il a immédiatement demandé une audience en appel, mais nous savons déjà ce que les résultats seront négatifs.

Kaleme: M. Ghaderi a été incarcéré pendant un an et demi, sans permission de sortie provisoire. On lui  a comme pour d’autres prisonniers politiques refusé cette  possibilité de sortie sans lui avoir  donné aucune raison  ni explications sur ce refus?
Farzaneh Mirvand: Je n’ai aucune idée, mais le refus récent du procureur  d’accorder une permission de sortie provisoire pour mon mari , nous fait croire que toutes ces décisions et la condamnation injuste de trois ans de prison sur l’accusation  « d’Assemblée et collusion « , et d’un an de plus pour «propagande  en vue publier des mensonges « remonte à l’animosité et les points de vue différents qu’il y a pu avoir entre mon mari et le procureur M. Dolatabadri à partir du moment ou on les a confrontés ensemble. Il ya huit mois, j’ai informé M. Dolatabadi de l’état de mon mari sans mentionner son nom. Sa réponse était que mon mari avait le droit à  une permission de sortie, il a dit au gardien qui était  présent de me fournir le formulaire de demande de congé. Cependant, quand j’ai commencé à remplir le formulaire, il a demandé le nom de mon mari, et que dès qu’il a entendu Siyamak Ghaderi, il est devenu furieux et s’est écrié : « Non, non je refuse formellement d’écrire cette lettre de permission. Il est trop tôt pour lui  pour qu’il soit libéré. ​​ » Le procureur avait requis une condamnation lourde de 20 ans de prison  assortie de l’interdiction faite a mon mari de pratiquer à nouveau le journalisme, de quitter le pays, il avait aussi ordonné qu’on l’envoie  en exil intérieur  à la prison d’Iranshahr. Cela renforce encore l’idée que les actions du Procureur sont basées sur une rancune personnelle contre mon mari.

Kaleme: Donc, pour  M. Ghaderi  une partie de sa peine est l’interdiction de pratiquer sa profession  et il d’être transféré vers une autre prison  pour une peine d’exil intérieur.
Farzaneh Mirvand: Non, heureusement, malgré la demande du Procureur, aucun  de ces deux point n’ étaient inclus dans le verdict final  de mon mari.

Kaleme:  En tant que la femme d’un prisonnier politique, quel est votre état  d’esprit actuel et quel genre de problèmes rencontrez-vous?
Farzaneh Mirvand: Je peux seulement vous dire que c’est très dur. Un des problèmes les plus petits et le  moins important pour moi et  que je dois faire face maintenant  à de difficultés financières. Je lutte avec cette situation et parfois il devient si difficile pour nous de vivre normalement,  je ne peux que prier Dieu de me donner la force d’endurer ces problèmes, surtout depuis que mon mari  manque  beaucoup a mon fils qui se fait beaucoup de soucis pour son père.

Kaleme: Comment va votre fils?

Farzaneh Mirvand: Mon fils, Ali est  très timide réservé et très patient. Mais, récemment, surtout depuis le début de l’année scolaire en Septembre, il a agi d’une manière un peu étrange, car il voit son père moins souvent. Un jour il m’a dit quelque chose qui m’a vraiment apporté de la douleur dans  mon cœur. Il  a dit: « Je commence à oublier à quoi mon père ressemble. Dernièrement j’ai un fait un rêve à propos de lui, je ne voyais plus son visage ». Après avoir entendu cela, j’ai décidé de mettre une photo de son père sur le réfrigérateur pour qu’il puisse voir son visage tout le temps.
Après  qu’Ali  ai entendu dire que son père avait  demandé une permission de sortie provisoire, il a récité des prières tous les soirs. Il était très optimiste  quant à ce que  ses prières soient exaucées. Il a déclaré que, même si  on accordait à son père  qu’un jour de permission de sortie, il aurait de nombreuse  choses à faire avec son père ce jour la. Je n’ai pas  eu le courage de  lui dire pour le jour  ou la demande de sortie  avait été refusée par le juge. Quand il a entendu et appris  ces nouvelles, il  s’est enfermé seul dans sa chambre pendant des heures. Globalement, ce n’est  pas une bonne situation. Il s’agit d’un adolescent  qui a ses propres besoins spécifiques. J’ai beau être une très bonne mère mais  je ne peux pas remplacer le rôle de son père.

Kaleme: Nous avons entendu dire que les autorités ont demandées  à M. Ghaderi  d’écrire une lettre ou il demanderait pardon, afin qu’il puisse être libéré de sa peine avant terme, mais il a rejeté leur demande. Est-ce que  cela est vrai et si oui pourquoi?
Farzaneh Mirvand: Oui, quand ils ont informé mon mari sur la  peine qu’il encourait, ils lui ont demandé d’écrire une lettre demandant pardon, mais mon mari a refusé en disant qu’il n’avait commis aucun crime qui pour  lui justifie de demander un pardon. En dehors de cela, dans notre religion, le pardon est un acte admirable et magnifique. Dans quel texte islamique est-il mentionné qu’une demande écrite est nécessaire pour être pardonné, sauf si l’acte de pardon est utilisé  à des fins de propagande et non un acte fait pour plaire à Dieu.

Kaleme: Comme vous êtes la femme d’un prisonnier politique, vous devez avoir beaucoup souffert des privations, cependant même en période de difficultés il peut y avoir de bons moments aussi. Pouvez-vous nous raconter votre meilleur souvenir?
Farzaneh Mirvand: Je ne peux pas rappeler d’un souvenir précis, mais comme vous je croit que dans chaque difficulté il ya aussi une bénédiction. Je pourrais dire que  peut-être tout cela a provoqué  un développement intellectuel et un changement de mon point de vue-qui une des  meilleure chose qui me soit  arrivée depuis tout ce temps.

Kaleme: Que pensez-vous personnellement de la demande des autorités judiciaires et avez vous quelque chose d’autre à leurs demander ?
Farzaneh Mirvand: Je n’ai aucune demande a leur faire. Nos vies sont dirigées par une puissance bien supérieure.

Voir aussi sur:

http://www.freedomessenger.com/archives/42237

Soliranparis contact nomore@riseup.net

[1] L’Irna est avec l’Irib, Mehr new, presstv.ir,fars news l’une des principale agences de presse  médiatique officielle du régime et de la dictature.

[2] qui  font parti du clan ultra conservateur et sont des proches du clan Khamenei tout en étant les principaux rivaux et ennemis  d’Ahmadinejad dans les guerres internes du régime Ndr.

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