Lettre de la militante emprisonnée Nasrin Sotoudeh à ses enfants

Lettre de Nasrin Sotoudeh avocate  militante defenseur des droits humains et des droits  emprisonnée  à ses enfants.

L’avocate et la militante Iranienne défenseur des droits humains et des droits des femmes. Ne peut plus voir ses enfants en prison  car les matons d’Evin exigent d’elle qu’elle les voient avec une « tenue correcte ».

Mes chers  Mehraveh et Nima.

Lundi dernier, l’administration pénitentiaire m’a donné deux rapports contradictoires. A 14h00, l’heure de la visite hebdomadaire, on m’a dit que les autorités judiciaires avaient acceptées de m’accorder les visites  de personne amies  les jeudis, en plus des visites du lundi après-midi ou je ne peut plus voir les gens qu’à travers des cloisons de verre. Cependant le même jour à 17h00, on m’a dit que j’étais indisciplinée  et que j’avais refusé de porter le tchador lors de vos précédentes  visites. Depuis  j’ai été bannie de la visite du  lundi pour trois semaines! Il est évident que les autorités ont  formées  une famille disharmonieuse. Ils n’ont même pas se traiter mutuellement avec respect et gentillesse. Le chaos est au pouvoir au cours de leurs  prises de décisions.

Rappelez-vous traitez vos amis de la même façon que vous traitez vos ennemis. L’hostilité d’un ennemi ne peut jamais justifier les violences commises par un humain même  envers un ennemi  et encore moins envers un ami. J’ose vous dire que  peu importe comment ils me traitent, je  ne ressens pas de ressentiment et  d’hostilité envers ceux qui me considèrent comme leur ennemi, ni  je ne descends le tourbillon de colère et de haine qu’ils ont créés.

Mes  chers  Mehrvaeh et Nima.

Je vous aime beaucoup toutes les deux. Je vous souhaite tout le bonheur et prospérité comme tous les autres parents le font partout. Je considère que vous devez  comprendre chaque décision que je prends. On doit considérer le bien-être des enfants dans chaque  décision. Recevoir des visites de vous est très important pour moi. Je souffre de ne pas vous avoir tenus dans mes bras  pendant des mois. Je suis dans la douleur de ne pas entendre vos voix.

Mes bien-aimés, mes actions seront désormais jugées par vous  un jour que je le veuille ou non. C’est pourquoi je veux que vous sachiez que je ne leur permettrai  pas de me conduire à la salle des visites dans la tenue illégale qu’ils m’ont imposée. Je préfère être privée de vous voir pendant toute la durée de mon emprisonnement,  que de leur permettre de me traiter comme ils le veulent. Je ne leur permettrai pas de me forcer à porter  le hijab et d’être  soumise à une force supplémentaire de coercition.

Mes enfants, il ya longtemps, une loi a été votée obligeant tous les femmes iraniennes à porter ce  hijab religieux. Toutes les femmes même  si elles croyaient ou pas  devaient observer cette loi. Si elles  ne le faisaient pas elles étaient punies conformément à la loi. Maintenant, les responsables de la prison affirment que puisque nous sommes leurs prisonnières, nous nous  devons de porter le tchador et le hijab, même si une telle norme n’a pas été fixée par la loi. En fait en Iran les prisonniers et prisonnières politiques d’opinion sont pourtant  exemptés de porter un uniforme en prison.

Je n’ai pas agi sur la base de la «résistance». J’ai agi pour faire respecter la loi dans son intégralité, et c’est pourquoi j’ai refusé de porter le tchador. Je ne voulais pas que ma famille, et en particulier mes jeunes enfants, puissent  réaliser les pressions et les humiliations  que je subies en voyant leur mère en prison, je ne voulais pas que ceux ci voient leur mère obligée de  porter ce tchador

Quand j’apparais calme pendant vos visites en prison, c’est  peut être à l’avantage des officiels de la prison, parce que je cache les effets des pressions psychologiques quotidiennes faites à ma famille. Bien que cette action  qu’est mon refus de porter le tchador puisse être dans l’intérêt des officiels de prison, je n’ai aucun autre but que d’observer la loi et de la faire appliquer et dans son « intégralité ».

Mes chers  Mehraveh et  Nima, mes enfants bien-aimés.

A côté de toutes mes identités sociales et professionnelles, je suis fière d’être une mère et surtout d’être celle de vous deux. Être mère est toujours dans mon esprit. Je déclare haut et fort:  « Je suis une mère », et je ne veux pas que mes enfants puissent me voir  vivre sous la contrainte et de manière humiliante. Je ne veux pas que mes enfants pensent que les autres peuvent les soumettre à un acte illégal en abusant de leur puissance.

Je sais que vous avez besoin d’eau, de nourriture, de  logement, d’une famille, de parents, d’amour, et de visites pour voir votre mère. Cependant  tout autant que moi, vous avez besoin de liberté, de sécurité sociale, de voir  la primauté du droit et la justice. S’il vous plaît restez  conscient que ces concepts n’ont pas été facilement atteints partout ailleurs dans le monde. Nulle part dans le  monde il a été  confirmé lors de l’écriture de la «loi»  que ça avait été fait sur des feuilles de papier déchiré. Notre insistance sur la primauté du droit est ce qui apporte à la loi son existence. Ainsi, vous devriez savoir que le  «vous» et le  «nous» se forment ensemble pour  le renforcement de la loi. Je vous embrasse des milliers de fois. Je souffre de ne pas vous avoir vud depuis  mois, et j’espère que la souffrance que nous subissons  n’est pas vaine.

Je vous aime tant

Nasrin

Voir aussi sur

http://www.freedomessenger.com/archives/40847

Cet article, publié dans Prison Iranienne, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s