Fric frac lutte de palais et evictions au sein de la dictature

 


Une affaire désormais personnelle pour Ahmadinejad

Leur « presse » le monde

Transmis  par un lecteur

Mic mac et luttes de palais au sein du régime,ou les purges et les evictions vont

par Sahand SABER

16.12.10

Ce n’est pas un limogeage, c’est une éviction. Mahmoud Ahmadinejad remerciait le 13 décembre dernier son Ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, « pour ses bons et loyaux services » et décidait de le remplacer temporairement par le Directeur du programme nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi.

Cette décision prise par le Président iranien, alors même que M. Mottaki était à l’occasion d’une tournée africaine en voyage au Sénégal, démontre une nouvelle fois les disputes qui agitent la République islamique dans ses sphères les plus hautes. Il faut en effet se rappeler que M. Mottaki fut imposé à M. Ahmadinejad par le Guide suprême Ali Khamenei et ce, dès 2005, c’est-à-dire au début de son premier mandat présidentiel. M. Mottaki avait alors soutenu Ali Larijani, actuel Président du Parlement, à l’élection présidentielle. Depuis, M. Mottaki assurait au Guide suprême et à M. Larijani une influence dans les prises de décisions en matière de politique étrangère. En cela, cette éviction décidée alors que le Ministre concerné était en déplacement à l’étranger constitue un réel affront aux autres instances clefs du régime.

Si l’éviction de M. Mottaki apparaît soudaine, elle ne saurait pourtant être si étonnante. Elle aurait en effet pu survenir bien plus tôt si le Guide suprême n’était pas intervenu à plusieurs reprises pour imposer au Président son maintien. Ce n’est pas la première fois que le Président iranien manifeste à son Ministre des affaires étrangères une telle hostilité. Il avait déjà menacé M. Mottaki de le remercier dans le cas où, en réponse à la poursuite de son programme nucléaire, le Conseil de sécurité de l’ONU décidait, à l’encontre de la République islamique, de voter de nouvelles sanctions.

Malgré le fait que M. Mottaki n’ait jamais participé aux négociations sur le programme nucléaire, un émissaire spécial en la personne de Saeed Jalili ayant été nommé pour cela, M. Ahmadinejad avait trouvé là un prétexte pour justifier le besoin de réorganiser la diplomatie iranienne. Les sanctions ayant été votées au mois de juin dernier, cette décision du Président iranien prise cinq mois plus tard peine dès lors à trouver une explication rationnelle.

Les révélations par Wikileaks des mémos du département d’État américain pourraient expliquer en partie cette décision. Ces mémos ont en effet rapporté la crainte unanime des pays arabes contre une éventuelle nucléarisation de l’Iran. Ce sentiment arabe face au programme nucléaire iranien pourrait en effet être l’un des échecs majeurs de la diplomatie menée par M. Mottaki.

Samy Cohen, directeur de recherche au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) écrivait, au début de l’année 2010, dans un article intitulé « Israël et l’Iran : la bombe ou le bombardement ? » et publié dans la revue Politique étrangère que « les attaques verbales de l’Iran contre Israël contiennent certes une part de “sincérité ”, notent également ces experts israéliens, mais leur objectif principal est de rassurer et d’anesthésier la vigilance des pays arabes au sujet du programme nucléaire, en tentant de faire passer le message selon lequel la future bombe ne leur est pas destinée, mais vise exclusivement Israël. Cette stratégie semble porter ses fruits, puisqu’aucune coalition arabe n’est apparue pour lutter contre la politique “ hégémonique de l’Iran».

Manouchehr Mottaki pourrait ainsi avoir payé l’absence de confiance des États arabes dans le programme nucléaire iranien.

Il est aujourd’hui certain que le Président Ahmadinejad a engagé un nouveau coup de force pour reprendre en main l’ensemble des dossiers internationaux dans lesquels la République islamique est impliquée. La nomination de Ali Akbar Salehi traduit par ailleurs le fait que le programme nucléaire est désormais le dossier principal de l’Iran sur la scène internationale et que de celui-ci dépendra l’ensemble de la politique étrangère de la République islamique.

M. Salehi est réputé proche des positions défendues par le Président iranien. Il faut dès lors croire que les prochaines négociations qui devraient avoir lieu en janvier 2011 n’offriront pas davantage de souplesse côté iranien. Ali Akbar Salehi et Saeed Jalili assureront ensemble ce dossier, le premier pour restaurer la confiance que l’Iran a perdu avec ses voisins de la région et le second pour mener à son terme le programme nucléaire iranien en gagnant une nouvelle fois, une énième fois depuis huit ans maintenant, du temps.

Peut-être serait-il temps de comprendre que la mascarade des négociations et la confiance que la communauté internationale aimerait accorder à la République islamique sont à l’image de la récente manipulation de la République islamique sur la fausse libération de Sakineh, la jeune mère de famille condamnée à mort par lapidation, et à l’image également des aveux forcés auxquels elle a été soumise et dont on ne peut avoir la certitude que ce fut bien elle qui s’exprima à la télévision iranienne.

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